mardi 11 décembre 2012

SYRIE : Vers une Guerre mondiale...



L'Iran et la Russie ont montré qu'ils continueront à soutenir la Syrie, face aux attaques des Occidentaux. Vingt mois après le début de la crise, en Syrie, les rivalités politiques et diplomatiques semblent être arrivées à leur apogée, car les acteurs régionaux et internationaux développent leurs activités, pour contrôler la crise, chacun, dans le sens de ses propres intérêts. 

Plusieurs configurations semblent apparaître, depuis que les navires de guerre russes ont accosté, au port syrien de Tartous : 

1) Un front arabo-occidental se forme, sous l'égide des Etats-Unis et de leurs alliés européens, (France, Grande-Bretagne, ...), contre la Syrie, avec l'aide des acteurs régionaux (Arabie saoudite, Qatar, Turquie , ...). 

2) Un axe pro-syrien qui est, essentiellement, formé par la Russie, la Chine et la République islamique d'Iran. Pourtant, il faut citer, aussi, des pays, comme l'Irak ou le Liban, qui prennent des positions neutres ou assez proches de celle du gouvernement syrien, en s'opposant à toute intervention étrangère, dans les affaires intérieures de la Syrie.

Le but final du front arabo-occidental est de renverser le gouvernement du Président Bachar al-Assad et la formation d'un nouveau régime, en Syrie. 


USA et OTAN

A présent, il semble que les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux et arabes se préparent à une phase militaire contre la Syrie, en essayant de préparer l'opinion publique à une intervention militaire, en Syrie. 
Le prétexte qu'ils ont inventé, pour justifier une telle intervention, est l'éventualité de l'usage des armes chimiques, par le gouvernement syrien, contre les opposants ou la population civile. La chaîne CNN a révélé, récemment, que le Pentagone est en train d'élaborer un plan, pour attaquer des cibles, en Syrie, en prétendant qu'il s'agit des sites de stockage des armes chimiques. 
Un haut responsable américain a déclaré à CNN, sous le couvert de l'anonymat, que, d'après les services de renseignements américains, le gouvernement syrien à procédé au chargement des bombes de matières chimiques. Dans ce sens, cette source a ajouté que le Président Obama a autorisé l'armée américaine à attaquer la Syrie, au cas où Damas utiliserait des armes chimiques contre les opposants. 

En effet, c'était, en été, que le Président Obama avait annoncé que l'usage des armes chimiques, par Damas, serait la ligne rouge des Etats-Unis. Récemment, le ministre britannique des Affaires étrangères a lancé, lui aussi, un avertissement, quant au recours de Damas aux armes chimiques, évoquant la possibilité d'une action militaire britannique. 

Les Américains et leurs alliés se disent inquiets, pour deux raisons : d'abord, la possibilité de l'usage des armes chimiques, par le gouvernement syrien, contre les groupes armées et les civils, ensuite, la possibilité d'un accès à de telles armes, par des groupes liés à Al-Qaïda. En tout état de cause, les armes chimiques semblent jouer le même rôle que les Armes de destruction massive, pour justifier une intervention militaire contre la Syrie, comme c'était le cas, pour l'Irak, en 2003. 

Par ailleurs, le quotidien britannique Times a fait état de l'arrivée du porte-avions américain "Eisenhower", à l'Est de la Méditerranée, proche des côtes syriennes. Le journal cite un haut responsable militaire américain, sous le couvert de l'anonymat, qui a révélé que les forces spéciales américaines, basées, dans la région, se trouvent, dans l'état d'alerte maximal, ce qui pourrait permettre d'envisager la préparation d'une guerre contre la Syrie. En effet, pour déclencher la guerre contre Damas, les Etats-Unis disposent, déjà, sur le terrain, de 10.000 soldats, 17 navires de guerre, 70 avions,...

Selon The Independent Londres a été hôte il y a quelques semaines d'une réunion secrète où la possibilité de recourir à la force armée en Syrie aurait été examinée.

Une coalition composée de la Grande Bretagne et de plusieurs autres pays , projettent de former les opposants syriens et de les aider par terre et mer au cours d'une intervention militaire. "Les combats sont plus violents que jamais et il est temps de secourir les rebelles", auraient affirmé les participants. 

Par ailleurs, et selon le journal turc Yurt : "200 terroristes qaidistes sont arrivés à bord d'une avion de ligne turc de la compagnie Anatolie Jet dans la province d'Antioche avant d'être embarqués à bord de 15 cars qui les attentaient à l'aéroport. 
Ces ressortissants étrangers et pour la plus part arabophones qui n'ont pas été soumis au contrôle d'identité".

Le journal cite le député du parti des républicains du peuple qui "exige des explications au ministère de l'Intérieur". "Le ministre de l'Intérieur doit être convoqué et donner ses explications au sujet d'un bateau libyen avec à son bord des armements à destination de la Syrie".

Toujours selon le journal The Independent, le commandant en chef des forces militaires britnniques , David Richards et des commandants français, turcs, jordanien, qataris et emiratis auraient été présents à cette réunion. "La stratégie de guerre contre la Syrie aurait été examinée en détail au cours de cette réunion suivies par d'autres qui ont réuni surtout d'autres ministres britanniques et leurs homologues européens".

Le quotidien israélien Maariv rapporte, pour sa part, que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Jordanie, la Turquie et le régime israélien ont élaboré, ensemble, un plan d'attaque contre la Syrie. 

Les Français, quant à eux, ont reconnu officiellement l'opposition au gouvernement syrien et se sont engagés à la financer. La Turquie et le Qatar arment deja les opposants, tandis que l'Arabie saoudite soutient la même approche, bien que Riyad est préoccupé, à présent, par des événements, qui se produisent à l'intérieur du royaume.

Ces évolutions coïncident avec l'affaire de l'installation, par l'OTAN, des missiles "Patriot", le long des frontières de la Turquie avec la Syrie. 

KURDISTAN-ISRAEL

Selon une fuite des services secrets hollandais, le Kurdistan irakien et le régime israélien ont signé un contrat d'armements, d'un montant de 4,6 milliards de dollars.


Ce contrat a été signé par Masrour Barezani, fils du Président de la région du Kurdistan irakien et Israël. La signature de ce contrat peut modifier les équations entre les forces, à l'intérieur de l'Irak, et la région.

Quand aux Kurdes syriens, ils sont devenus une menace pour la Turquie. 
C'est sous cet angle que The Guardian aborde, en tous cas  la question des Kurdes syriens. "Pour la Turquie, l'arme chimique et les Kurdes du Nord de la Syrie constituent deux principaux défis à relever".
"Ankara planifie, depuis longtemps, la période de l'après-Assad, et suivant des informations recueilles par les services secrets, il s'apprête à voir la chute du gouvernement syrien, au plus tard, le printemps prochain". 
"La Turquie craint, toutefois, la réaction des Kurdes syriens, dans les mois à venir. Il va sans dire que les Kurdes du Nord de la Syrie auront des revendications indépendantistes une fois, le gouvernement central affaibli, et donc, que va faire Erdogan, avec la minorité kurde de Turquie, si prompte à se soulever, à formuler des revendications du même ordre"?  
Les Kurdes syriens ont deja pris le contrôle des zones du Nord de Syrie, au milieu de l'année 2012 et ils mettent en place une armée indépendante.
"La tâche majeure de l'armée que nous sommes en train de créer est la défense du territoire du Kurdistan syrien contre toute ingérence armée", stipule une déclaration du Conseil national du Kurdistan.

Qui plus est l'ambassadeur israélien a déclaré aux Etats-Unis, à Michael Oren, que "La Crise, en Syrie, est, dans une large mesure, à notre avantage, et Tel-Aviv préfère les éléments d'Al-Qaïda au Président syrien, Bachar al-Assad".
Il a qualifié les Jihadistes, Salafistes et Takfiris comme préférés, selon lui, par le régime israélien, par rapport à Assad. "La mise à l'écart du pouvoir d'Assad est une vieille demande d'Israël, débattue, à plusieurs reprises, avec les Etats-Unis", a-t-il ajouté. "Depuis longtemps, nous œuvrons au départ d'Assad. Nous avons, déjà, dit aux Américains, qu'il doit partir, car il est dangereux, pour toute la région", a-t-il précisé. 
A noter que les sources d'informations font état de la présence des forces spéciales israéliennes, sur le sol syrien, pour porter assistance aux groupes terroristes.

RUSSIE-CHINE-IRAN


En revanche, l'axe international des pays qui soutiennent la position du gouvernement syrien s'active à son tour. 
La Russie et l'Iran, qui sont les principaux alliés de Damas, sur le plan mondial et régional, ont annoncé, haut et fort, qu'ils soutiennent le gouvernement syrien, face aux pressions étrangères. Dans ce cadre, la Russie a décidé de livrer des missiles "Iskandar" à la Syrie. 

Les Russes ont pris cette décision, après l'annonce de l'installation des missiles "Patriot" de l'OTAN, sur le territoire turc. Les missiles "Iskandar" auraient été livrés à la Syrie, par des navires de guerre russes, qui ont, récemment, accosté à Tartous. "Iskandar" est un missile sol-sol très rapide. Jusqu'à présent aucun système anti-balistique n'a été capable d'intercepter et de détruire, en plein vol, ces missiles. 

Auparavant, la Russie avait menacé l'OTAN d'installation de ces systèmes balistiques, à Kaliningrad, en représailles à l'installation du bouclier anti-missiles des Etats-Unis, en Pologne et en république Tchèque. D'une vitesse de 2.100 m/h et d'une portée de 450 Km, "Iskandar" est un missile redoutable et extrêmement précis et efficace. Le groupe naval russe, qui s'est installé, à Tartous, est, également, équipé de missiles mer-air et de systèmes radar très puissants. 

En outre, Moscou a laissé entendre que son porte-avions "l'Amiral Kouznetsov" sera, bientôt, envoyé, en Syrie. Ce bâtiment porte 8 avions Su-33, plusieurs Mig-29 et deux hélicoptères Ka-27. 

L'expert des questions internationales, Vafigh Ebrahim, en est certain " la Russie n'a pas d'autres choix que de défendre la Syrie, "comme s'il s'agissait de son propre territoire". "L'année 2013 est l'année du dialogue stratégique entre la Russie et les Etats Unis".

"L'intervention militaire, en général, renvoie, directement, aux rapports de force, à l'échelle de la région et du monde. Le fait d'évoquer la question des armes chimiques pourrait être interprété comme une tentative d'armement des rebelles d'armes lourdes. Et, dans le même temps, il est fort possible que la Turquie intervienne, militairement, en Syrie, via certaines milices". 

Interrogé sur la perduration de la crise, en Syrie, Ebrahim a estimé qu'il y a là le signe d'un maintien des rapports de force. "Les soutiens de la Syrie pourront entrer en guerre, en cas d'attaque contre la Syrie. c'est pour cette même raison que les américains invoquent l'argument chimique, façon d'armer les rebelles". Cet expert libanais craint que les Etats Unis ou certains pays arabes se mettent à envoyer des matières chimiques, en Syrie, pour déclencher la guerre". 


"Et, pourtant, je ne crois pas que les Américains attaquent la Syrie, de la même façon qu'ils ont attaqué l'Irak, en 2003". "Damas a menacé de bombarder la Turquie ou n'importe quel autre pays voulant établir une zone d'exclusion aérienne autour de la Syrie".  

Ebrahim souligne que la Syrie est à la pointe de la défense de toute la région, face aux assauts des puissances hégémoniques . "Si le pouvoir syrien tombe, les Etats Unis pourront, très facilement, créer une coalition, qui s'étendra de la Turquie à l'Egypte". "La Russie en est bien consciente : la Syrie est un piège, et si elle se laisse prendre à ce piège, elle va perdre la maîtrise du jeu. La Russie détient de nombreux intérêts, en Syrie, et elle ne va pas y renoncer aussi facilement". Ebrahim estime que 2013 est l'année des pourparlers bilatéraux autour du Moyen-Orient et que la Rusie et les Etats Unis ont de fortes chances de parvenir à des accords excluant du jeu les Arabes et les Turcs.


NB: Les forces navales chinoises iraniennes et russes ont menés ensemble, il y a peu, des exercices navals de grande envergure dans les eaux territoriales de la Syrie.

Mais contrairement à la Russie, l'Iran ne semble cependant pas être prête à s'engager, dans une phase de soutien militaire à la Syrie, tandis que la Chine insiste sur sa position initiale, qui consiste à l'interdiction de toute intervention étrangère, dans les affaires intérieures de la Syrie. Pourtant Téhéran n'hésitera pas une seule seconde si la Turquie attaquait la Syrie puisque l'Iran et la Syrie sont liés par un accord sécuritaire et militaire conjoint.

Dans ce contexte, il faudra attendre, pour savoir si l'Occident et ses alliés régionaux réussiront -au travers de leur propagande deja en action- à mobiliser l'opinion publique (plus inquiete sur leur situation sociale catastrophique), pour une intervention militaire contre la Syrie, sous le prétexte des armes chimiques. Nul doute que la deflagration risque d'embraser toute la région et au delà... 

SOURCES : IRIB

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