dimanche 21 avril 2013

VIRUS : Les mystères du virus H7 N9

Après que, le 17 avril dernier, le ministère de la santé chinois ait communiqué le nouveau bilan du virus H7 N9 – 77 cas et 16 décès (+3 décès depuis le compte rendu du 15 avril) -, initialement identifié comme un virus voisin de celui de la grippe aviaire, l’OMS, a, le même jour, fait savoir qu’un nombre important de personnes infectées en Chine n’avaient eu aucun contact avec de la volaille ou des oiseaux...


Zeng Guang, directeur du département d’épidémiologie au Centre de Prévention des maladies infectieuses, confirme que 40% des victimes du virus n’avaient jamais été exposées à de la volaille. Ce qui, plusieurs semaines après les premiers cas, pose le problème de l’origine des infections.
Selon Xinhua, parce qu’il subsiste une incertitude sur la cause de l’épidémie, il est possible qu’elle continuera à se répandre. Il est un fait que, depuis le 15 avril, le nombre de cas est passé de 63 à 77 et celui des décès de 13 à 16, tandis que les affirmations du Centre des maladies infectieuses, selon lesquelles il n’y avait pas de transmission humaine commencent à être mises en doute.
S’il est vrai que la qualité de la réaction publique s’est améliorée depuis l’expérience catastrophique du SRAS en 2003, le fait est que, début avril, on a encore pu observer une tendance des autorités de Shanghai à cacher ou édulcorer la vérité.
Le contraste entre le professionnalisme des équipes médicales et la survivance des habitudes de maquillage de la part de certains responsables politiques, renvoie à la dichotomie de la situation du pays. Alors que la nécessité des réformes est clairement affirmée par nombre de voix autorisées, leur mise en œuvre est handicapée par la survivance de réflexes anciens, quand il ne s’agit pas d’intérêts retranchés dans des forteresses politiques.
Plusieurs sources autorisées évoquent la mutation anormale du virus
Un article du 14 avril du journal Epoch Times cite le Docteur He Jianku de l’Université de Science et Technologies de Shenzhen. Son équipe de chercheurs aurait en effet constaté des mutations de l’hémagglutinine - la protéine présente à la surface du virus qui lui permet de se fixer à un récepteur d’une cellule cible -, 4 à 8 fois plus rapides que pour un virus standard.
« Le changement est apparu en seulement deux semaines », a expliqué le professeur He au South China Morning Post, « ce n’est pas aussi rapide que le HIV, mais le phénomène est assez inhabituel ». Il ajoute : « nous ne savons pas encore si l’évolution du virus sera anodine ou dangereuse. Nos échantillons sont trop limités, mais il est clair que les autorités devraient s’inquiéter et se préparer au pire ».
Une communication des Dr Timothy Uyeki et Nancy J.Cox, publiée le 11 avril dans le « New England Journal of Medecine », pose clairement le problème : « pour estimer les risques d’une pandémie, il est nécessaire de mettre à jour les preuves d’une transmission humaine directe. Si la transmission humaine est avérée, il sera aussi nécessaire de déterminer sa dynamique (modes et virulence, temps d’incubation). Il est possible que les cas déjà observés de patients gravement atteints ne soient que la pointe de l’iceberg et qu’il existe encore beaucoup de cas non détectés ».
La conclusion du papier insiste à la fois sur la vigilance et la transparence : « Une information claire du public et de la communauté médicale est un facteur clé de la prévention et du contrôle de la maladie. La détection du virus H7 N9 nous rappelle qu’il faut continuer à se préparer à la prochaine pandémie de grippe (…) »
« …Les semaines à venir montreront si nous avons à faire à une simple infection transmissible des volailles à l’homme ou si nous sommes en face d’une pandémie. La réponse à ces questions ne pourra venir que de la surveillance étroite du virus H7 N9 chez les animaux et chez l’homme, même dans les cas bénins. Nous ne pouvons pas baisser la garde ».

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