mardi 31 janvier 2012

EUROPE: Le retour des grandes misères


Après la Deuxième Guerre mondiale, quand le chômage et la pauvreté sévissaient en Europe, même les gouvernements de droite s’étaient sentis obligés de promettre un avenir meilleur et plus prospère. Aujourd’hui, aucun gouvernement européen n’a rien d’autre à offrir à la population laborieuse que des sacrifices et des privations.
Près d’une personne sur quatre dan l’Union européenne (UE) était menacée de pauvreté ou de misère sociale en 2010. Telle est la conclusion d’un rapport officiel de la Commission européenne, présenté en décembre. Selon ce rapport, 115 millions de personnes, soit 23 pour cent de la population de l’UE, étaient désignés comme pauvres ou socialement défavorisés. Les causes principales en sont le chômage, la vieillesse et les bas salaires, avec plus de 8 pour cent de tous les salariés d’Europe qui font partie à présent des « travailleurs pauvres ».
Les familles monoparentales, les immigrés et les jeunes sont les plus durement touchés. Chez les jeunes, le chômage est plus de deux fois plus élevé que chez les adultes. Quelque 21,4 pour cent de tous les jeunes de l’UE n’avaient pas d’emploi en septembre 2011. L’Espagne est en tête de tous les autres pays de l’UE avec un taux de chômage chez les jeunes de 48 pour cent. En Grèce, Italie, Irlande, Lituanie, Lettonie et Slovaquie, le chômage des jeunes se situe entre 25 et 45 pour cent.
Dans des pays comme l’Allemagne, la Hollande et l’Autriche le taux de chômage des jeunes est plus bas parce que la période de formation est plus longue et que de nombreux jeunes au chômage sont « parqués » dans toutes sortes de programmes qui les excluent des statistiques officielles. Mais même dans ces pays, les chances de trouver un emploi qui paie correctement diminuent. Quelque 50 pour cent de tous les nouveaux contrats de travail dans l’UE sont des contrats de travail temporaire. Pour les travailleurs de 20 à 24 ans, cette proportion atteint les 60 pour cent.
L’augmentation de la pauvreté et de la misère sociale n’est pas simplement due à la crise économique, mais est plutôt le résultat d’une politique délibérée des gouvernements européens et de l’Union européenne. Malgré ces statistiques alarmantes, les autorités continuent de réduire brutalement les dépenses sociales, d’augmenter l’âge de départ à la retraite, de supprimer les emplois dans le secteur public et d’accroître le secteur à bas salaire, soit toutes les mesures qui augmentent et aggravent la pauvreté. Avec la décision lors du dernier sommet européen d’inclure dans la constitution de tous les pays membres de l’UE un « frein à l’endettement », les gouvernements se sont privés de quasiment toute possibilité d’atténuer la crise sociale par des mesures fiscales.
Après la Deuxième Guerre mondiale, quand le chômage et la pauvreté sévissaient en Europe, même les gouvernements de droite s’étaient sentis obligés de promettre un avenir meilleur et plus prospère. Aujourd’hui, aucun gouvernement européen n’a rien d’autre à offrir à la population laborieuse que des sacrifices et des privations.
Tous les discours du nouvel an ont repris ce thème. Le premier ministre grec Lucas Papademos a averti ses concitoyens qui ont déjà subi des coupes sociales brutales, « Nous devons poursuivre nos efforts avec détermination pour que les sacrifices que nous avons faits jusqu’à présent n’aient pas été faits en vain. »
Le président français Nicolas Sarkozy a proclamé: « Cette crise inouïe, sans doute la plus grave depuis la Deuxième Guerre mondiale, cette crise n’est pas terminée… Vous finissez l’année plus inquiets pour vous et pour vos enfants. »
La chancelière allemande Angela Merkel a menacé: « L’année à venir sera sans aucun doute plus difficile que 2011. » Et le président italien Giorgio Napolitano, ex-stalinien qui a passé des décennies dans le Parti communiste, a appelé la population italienne à faire des sacrifices pour équilibrer le budget national: « Personne, ni aucun groupe social ne peut aujourd’hui éviter l’engagement social de contribuer au nettoyage des finances publiques afin d’empêcher l’effondrement financier de l’Italie... » a-t-il dit.
Déclarer que les mesures d’austérité servent à consolider le trésor national est un mensonge flagrant. Les finances publiques sont en faillite car elles ont été pillées par cette même élite financière qui profite à présent de ces mesures d’austérité. Les impôts sur les bénéfices, la propriété et les hauts revenus ont été diminués à maintes reprises. De nombreux pays d’Europe de l’Est où la pauvreté est particulièrement élevée, ont introduit un impôt direct à taux unique de moins de 20 pour cent. Il y a trois ans de cela, des milliers de milliards de fonds publics ont été transférés dans les chambres fortes des banques pour couvrir leurs pertes dues à la spéculation.
Le rapport de l’UE qui documente l’augmentation de la pauvreté contient aussi des chiffres sur le fossé grandissant entre les riches et les pauvres. En Allemagne, le un pour cent le plus riche de la population possède 23 pour cent de toute la richesse et les dix pour cent les plus riches contrôlent 60 pour cent. La moitié de la population ne possède que 2 pour cent de toute la richesse. Le rapport dit: « La structure où les pauvres ne possèdent que 5 pour cent de la richesse, les classes moyennes 30 à 35 pour cent et les riches plus de 60 pour cent représente le modèle typique que l’on trouve dans la plupart des pays européens. »
L’élite financière qui monopolise une énorme proportion des avoirs sociaux a perdu toute inhibition sociale. Durant la période d’après-guerre, avec les crimes de guerre toujours frais dans les mémoires et les sentiments socialistes répandus, ils avaient été forcés de faire des concessions sociales pour préserver leur régime. L’existence de l’Union soviétique exerçait aussi un effet modérateur. Malgré la dégénérescence stalinienne, les relations de propriété nationalisées établies par la Révolution russe représentaient une alternative possible au soi-disant marché libre.
Au cours des vingt dernières années l’élite financière a perdu toute retenue et déclaré la guerre à la classe ouvrière. Si des élections démocratiques lui barrent la route, elle les balaie d’un revers de main, comme en Grèce et en Italie où des gouvernements technocratiques ont été mis en place et qui ne rendent des comptes qu’aux banques. Et cette oligarchie financière ne recule pas non plus devant la répression violente de la résistance sociale comme on a pu le voir avec l’expulsion par la force des manifestants du mouvement Occupy dans tous les Etats-Unis et internationalement. Telle l’aristocratie française de la fin du 18e siècle à la veille de la révolution, l’aristocratie financière d’aujourd’hui n’est pas prête à céder la moindre petite part de ses privilèges ou de sa richesse.
Cette élite financière est soutenue par les représentants des classes moyennes riches dans les médias, par les partis politiques de l’establishment, les syndicats et le milieu de l’ex-gauche, qui insistent tous pour dire qu’il n’existe pas d’alternative à l’austérité et utilisent tous les moyens pour saboter l’opposition sociale.
Un représentant typique de cette espèce est l’ancien dirigeant allemand du parti des Verts, Joshka Fischer. Dans l’édition du nouvel an du Süddeutsche Zeitung, cet ancien squatteur radical devenu plus tard ministre allemand des Affaires étrangères a accueilli avec enthousiasme les dernières mesures d’austérité de l’UE et conclut par un concert de louanges aux marchés financiers. « Et à qui sommes-nous redevables pour tout ce progrès européen? » écrit-il. « A la sagesse de nos dirigeants? Hélas non. Ce n’est presque exclusivement que le résultat de la pression exercée par les marchés tant décriés! »
Le retour de la pauvreté de masse en Europe plante le décor du retour de la révolution. La classe ouvrière et les jeunes doivent se préparer à l’inévitable confrontation avec l’élite financière en rompant avec ses représentants politiques de la sociale-démocratie, des syndicats, du Parti de Gauche et autres organisations de pseudo-gauche, et en entreprenant la lutte pour un programme socialiste en construisant de par l’Europe des partis de l’Egalité socialiste et le Comité international de la Quatrième Internationale.
Source : Sott.fr

U.E: Situation dramatique des jeunes


La situation actuelle des jeunes dans de nombreux pays de l’UE prend des proportions dramatiques. Sans une action décisive au niveau de l’UE et au niveau national, nous risquons de perdre cette génération…”
La nouvelle «Initiative sur les perspectives d’emploi des jeunes», adoptée par la Commission, invite les États membres à œuvrer à la prévention du décrochage scolaire, à aider les jeunes à acquérir des compétences utiles sur le marché du travail, à organiser des stages, à dispenser une formation sur le terrain et à aider les jeunes à trouver un premier emploi de qualité.
La Commission incite également les États membres à faire un meilleur usage du Fonds social européen qui dispose encore d’une enveloppe de 30 milliards EUR non engagés dans des projets. En outre, la Commission a présenté une série d’actions concrètes à financer directement par des fonds européens.
M. László Andor, commissaire européen chargé de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion, a souligné la nécessité urgente de lutter contre le taux de chômage des jeunes par ces mots: «La situation actuelle des jeunes dans de nombreux pays de l’UE prend des proportions dramatiques. Sans une action décisive au niveau de l’UE et au niveau national, nous risquons de perdre cette génération et de devoir supporter un coût économique et social substantiel». 
Après avoir précisé que les estimations montrent que les taux actuels de chômage des jeunes représentent une charge pour la société de l’ordre de 2 milliards EUR chaque semaine, soit un peu plus de 1 % du PIB de l’EU-27, le commissaire a ajouté: «La tendance actuelle doit être stoppée, nous devons donner de l’espoir aux jeunes. Ils sont notre avenir.»
Source : Union Européenne

lundi 30 janvier 2012

La percée du parti de ll’UKIP et de Nigel Farage en Grande Bretagne






Ronny Ktorza, diplômé de l'IEP d'Aix-en-Provence et d'HEC, est avocat depuis janvier 2011









Outre-manche, un parti « populiste » grapille, jour après jour, quelques points dans les sondages : le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP).

Il se pourrait même que, prochainement, ce mouvement dépasse les Démocrates libéraux (Liberal Democrats) qui sont la troisième force politique du pays. Certes, il faut tenir compte de l’effondrement desdits Démocrates libéraux qui avaient longtemps surfé sur leur opposition à la guerre en Irak. Mais, justement, au vu de la probable recomposition du paysage politique britannique dans les années à venir, l’UKIP pourrait tirer son épingle du jeu.


Mais qu’est-ce que l’UKIP ? Comme son nom l’indique, il s’agit d’un parti eurosceptique, dont de nombreux membres sont des rescapés déçus du Parti Conservateur, lequel a trahi son pays, selon eux, en signant le Traité de Maastricht. Parmi ces transfuges, se trouve Nigel Farage, leader actuel du mouvement. Ce dernier fut d’ailleurs créé en 1993, soit juste après la signature dudit texte.

Farage – qui se décrit comme « libertarian » (terme difficilement traduisible en français puisqu’il englobe tous les libéraux, y compris les non-libertariens) – a développé l’UKIP de façon étonnante : ce parti a ainsi défait aux élections européennes le Parti travailliste et les Démocrates libéraux en 2009, preuve de la légitime lassitude ressentie par les citoyens britanniques à l’égard de l’Union européenne et de son fonctionnement.

Il faut dire que Nigel Farage, peu adepte de la langue des bois, n’hésite pas, depuis de longues années, à pointer du doigt, les dérapages des membres de la Commission et des parlementaires européens.

En effet, en 2004, la toute fraîche Commission Barroso intégrait un membre condamné pour financement illégal de parti, Jacques Barrot. Farage demanda alors sa démission. Le principal intéressé répondit que cette condamnation pénale était couverte par l’amnistie présidentielle et que personne ne pouvait la mentionner, conformément au droit français. Barrot serait-il frappé d’amnésie au point d’oublier que Farage était anglais ?



Quelques mois plus tard, Farage exigea que les membres de la Commission déclarent où ils passent leurs vacances. Sa requête fut rejetée sur le fondement du droit à la vie privée desdits membres. Il est toujours amusant de voir cette institution, si soucieuseen matière de transparence financière, se réfugier dans une telle opacité dès que ses membres sont concernés, au mépris de l’argent du contribuable, grâce auquel vivent ces bureaucrates. Cela n’empêcha pas Die Welt de publier le fait que Barroso avait passé une semaine sur le yacht du milliardaire grec, Spiro Latsis. Jusque-là, rien de choquant. Après tout, le président de la Commission est en droit d’avoir les amis qu’il souhaite, fût-ce de riches industriels. Mais quand on se souvient que, peu avant, la compagnie maritime de Latsis avait bénéficié d’une subvention de l’État grec, approuvée par la Commission européenne, le rapport de cause à effet devient alors plus limpide.

Insatiable, Farage ne s’arrêta pas en si bon chemin : en janvier 2007, Joseph Daul fut élu en tant que nouveau leader du groupe PPE (Parti Populaire Européen) au Parlement européen. L’UKIP rappela alors que Daul était sur le banc des accusés dans une affaire d’abus de biens sociaux relative au mode de financement du FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles). Il ne fut blanchi qu’en décembre 2008 et cela n’empêcha pas la justice française de pointer les dérives de la FNSEA. Daul menaça Farage de poursuites mais, ne passa finalement pas des paroles aux actes.

Enfin, plus généralement, grand critique du projet européen, Farage stigmatise l’euro depuis 1999 : il rappelle qu’un tel projet monétaire ne peut fonctionner durablement puisque les économies des divers États de la zone euro sont structurellement différentes. Il prédisait dès sa création les difficultés que rencontreraient quatre États : la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne. Il ne s’est pas trompé. Dès lors, il n’est pas étonnant que l’UKIP grimpe petit à petit dans les sondages.


BANQUES: Les pauvres, un bon business


Nouveau rapport : comment les banques européennes profitent de la spéculation sur les denrées alimentaires et de l’accaparement de terres dans les pays du Sud.
Les banques et autres acteurs de la finance privée en Europe (compagnies d’assurances et fonds de pension notamment) aggravent la faim et la pauvreté dans le monde en spéculant sur les denrées alimentaires et en finançant les accaparements de terre dans les pays les plus pauvres.
C’est la conclusion de l’étude “Farming Money : How European banks and private finance profit from food speculation and land grabs” publiée par l’ONG “Friends of the Earth Europe” en collaboration avec le CNCD-11.11.11 et sept autres ONG européennes.
Cette étude analyse les investissements et autres activités de 29 entreprises européennes, dont les banques belges KBC et DEXIA, dans les secteurs de la spéculation sur les denrées alimentaires et du financement de l’accaparement de terres dans les pays du Sud.
Selon Arnaud Zacharie, secrétaire général du CNCD-11.11.11, « ce rapport démontre, chiffres à l’appui, que le secteur financier privé européen est bel et bien en train de dégager des profits colossaux sur les dos des populations plus pauvres de la planète, en spéculant sur leurs besoins alimentaires et en participant à la confiscation des terres cultivables ».
En effet, la spéculation sur les denrées alimentaires, via des produits financiers dérivés, alimente l’instabilité des prix aux dépens des plus pauvres, alors que les accaparements de terre massifs, qui ont lieu notamment en Afrique, réduisent la capacité des populations locales à générer des revenus et à s’alimenter et mettent en péril la souveraineté alimentaire des pays plus pauvres.
Pour Arnaud Zacharie « il est temps de réagir ! L’Union européenne doit au plus tôt réglementer strictement le rôle de la finance dans le secteur agricole, et les opérateurs financiers doivent cesser de spéculer sur les besoins alimentaires des populations ».
Source : cncd

dimanche 29 janvier 2012

TUNISIE: Attaquer la Syrie, c’est se suicider !

Porte avion Russe Admiral Kuznetsov prêt à protéger la Syrie

Après la Russie, la Chine et l’Iran, c’est au tour d’un pays Arabe de mettre en garde l’OTAN et ses alliés contre une attaque sur la Syrie. Le président Tunisien parle “d’explosion du moyen orient”.
Le président tunisien Moncef Marzouki s’est opposé dans une interview diffusée dimanche à une intervention étrangère en Syrie, jugeant qu’elle serait “un suicide” et conduirait à une “explosion” de tout le Moyen-Orient.
Interrogé par le quotidien algérien El-Khabar, il évoque “un spectre irréalisable” qui serait un “suicide” en parlant de l’éventualité d’une intervention étrangère pour mettre fin à la répression de la contestation du régime du président Bachar al-Assad, qui a déjà fait plus de 5.000 morts selon l’ONU.
“Une telle intervention signifierait que la guerre va s’étendre à toute la région, ce qui ouvre la voie à toutes les puissances, à l’instar de la Turquie, d’Israël, de l’Iran et du Hezbollah. Cela voudrait dire toute la région va exploser”, a ajouté le président tunisien.
L’émir du Qatar s’est dit samedi favorable à l’envoi de troupes arabes en Syrie afin de “mettre fin à la tuerie” dans le pays, secoué depuis dix mois par une révolte populaire réprimée dans le sang, la première prise de position de ce type d’un dirigeant arabe.
M. Marzouki est lui-même un ancien opposant au régime du président Zine El Abidine Ben Ali renversé il y a un an par la première révolution du “printemps arabe”.
Evoquant la Libye du colonel Mouammar Kadhafi, dont le régime est également tombé l’an dernier, le président tunisien dit que “nous n’avons accepté l’intervention étrangère que quand la situation a atteint des proportions alarmantes. Nous l’avons acceptée mais sans conviction”, a-t-il souligné.
Le dirigeant tunisien s’est aussi inquièté de l’évolution de la situation en Syrie vers un conflit entre courants religieux.
“La situation en Syrie m’inquiète énormément, du fait que la révolution commence à prendre un caractère confessionnel, d’où le grand danger”, a déclaré le chef d’Etat tunisien.
Source : Atlasinfo

Peut-on annuler la dette des pays de l'Union Européenne ?






Renaud DOZOUL, 34 ans, est architecte de formation. Il crée une agence à Paris en 2004 après avoir exercé pendant deux ans à Mexico. Il se consacre désormais à la recherche économique à l’Institut Economique Molinari, et à l’écriture. Il publie notamment en 2011 « 10 bonnes raisons de restaurer la Monarchie » aux éditions Muller et travaille actuellement sur un ouvrage consacré aux fondements de la liberté en occident. 


« Annulons la dette du vieux monde. »

Comment se fait-il que personne n’ait eu avant lui l’idée pourtant simple qu’Emmanuel Todd a jetée dans la marre lors d’unentretien accordé par le démographe/anthropologue/historien/politologue au Point ? 

Mais oui enfin ! Nous mesurons chaque jour la profondeur de l’abîme dans laquelle nous plongent la dette publique et la gravité des menaces qui pèsent sur nos économies, sur notre épargne, sur notre monnaie ou sur notre travail. Si la dette est si dangereuse, annulons tout simplement la dette ! Et ce sera un bon pied de nez à tous les financiers cupides et autres agences de notations malintentionnées, qui sont responsables de nos malheurs, et manipulent nos hommes politiques et nos États comme des marionnettes ! 

On ne sait pas s’il faut en rire ou en pleurer.

Chaque ligne de l’entretien ubuesque du « prophète certifié »  mériterait une correction sévère, mais le plus grave est sans doute l’idée selon laquelle on pourrait faire « disparaître » la dette. Il faut vraiment nager dans la pensée magique pour ne pas concevoir qu’à chaque euro de dette correspond un euro d’épargne.

En annulant un euro de dette, on détruit donc mécaniquement un euro d’épargne. L’euro du petit épargnant français bien sûr, ou l’euro du fonds de pension américain.

Le vrai problème que pose la dette est moral, et il est double :

Tout d’abord, il ne faut pas oublier que contracter une dette puis décider unilatéralement de s’en défausser s’apparente tout simplement à du vol. L’échelle et la complexité de l’organisation des créances ne change rien à la nature du vol. Les créanciers lésés seraient ainsi en droit de saisir des tribunaux pour sanctionner le non-respect du contrat passé au moment de l’achat de la dette. La saisie de biens pure et simple étant difficilement envisageable, cela reviendrait en réalité à isoler le pays mauvais payeur de toutes les organisations internationales et à le marginaliser dans toutes les relations diplomatiques. Sur le plan plus pratique de l’émission d’obligations futures, les conséquences d’un défaut de paiement sont tout à fait prévisibles. Si vous prêtez mille euros à un ami et qu’il vous annonce au bout d’une semaine qu’il ne vous remboursera pas, il y a peu de chances que vous lui prêtiez à nouveau un centime. L’exemple de l’Argentine entre 1998 et 2002 offre une image tout à fait claire de ce qui attend un État qui n’honore pas ses dettes : L’impossibilité totale d’emprunter sur les marchés pendant des années.

Mais en amont de la gestion du défaut, se pose la question essentielle de la légitimité d’un État à endetter les contribuables, et plus encore les contribuables des générations futures !

La question ainsi posée, on peut légitimement se demander si l’on est tenu d’honorer des engagements pris par d’autres ! Le problème étant que les « autres » d’hier sont ceux qui veulent aujourd’hui se débarrasser des dettes accumulées sous le tapis en faisant peser la perte sur les contribuables et sur les épargnants. 

Ces deux point moraux rendent la solution très difficile : Il est immoral de faire peser l’inconscience des dirigeants politiques sur les contribuables, et il est également immoral de faire table rase de la dette pour que les dirigeants de demain puissent repartir de plus belle.

La réponse est simple : On ne dépense pas l’argent des autres (et encore moins à crédit). 

C’est donc seulement en limitant au maximum la taille et les prérogatives de l’État que nous pourrons espérer limiter les dégâts inhérents à son existence.

En attendant, on peut espérer que la fuite des créanciers impose un régime au pain sec à nos États, et que la démocratie pourra endiguer leur gourmandise fiscale.

samedi 28 janvier 2012

Russie et Occident : éléments de comparaisons !


Vladimir Poutine, crédité de 61 % d’opinions favorables, s’apprête à revenir au Kremlin pour un troisième mandat de six ans (au lieu de quatre ans) lors de la présidentielle du 4 mars 2012. Aux Etats-Unis, comme en Occident, les critiques fusent à l’encontre du personnage.
Commentaire du politologue Dmitri Orechkine: “Avant, on entendait : Poutine est malin, il remet l’Occident en place, augmente les salaires (…) et d’un coup, le sablier s’est retourné.” Selon lui, l’image du guide est entamée. A son arrivée au pouvoir, adoubé par Boris Eltsine en 2000, M. Poutine “était perçu comme un centriste. Les patriotes lui rendaient grâce pour le prestige retrouvé ; les communistes appréciaient qu’il ait rétabli l’hymne soviétique et mis les oligarques en prison ; aux yeux des libéraux, il incarnait la continuité de Boris Eltsine”. Désormais, “il est un libéral pour les patriotes, un oligarque pour les communistes, un dirigeant totalitaire pour les libéraux”.
Pourtant, l’économie du pays a décollé, le PIB est passé de 200 milliards de dollars (environ 150 milliards d’euros) en 1999 à 1 900 milliards de dollars en 2011.
Malgré cela, les Russes sont confrontés à des problèmes quotidiens et ne s’intéressent pas aux statistiques macro-économiques.Or, c’est sur ce point que les Occidentaux critiquent le pouvoir de Poutine.
On verra dans quelque temps, comment seront commentés les mouvements populaires en France ou ailleurs, quand les statistiques du chômage prendront une pente aussi haussière que celle des CDS des banques européennes ou des Etats européens.
Aujourd’hui, comment nos médias si démocratiques commentent-ils les manifestations, de plus en plus nombreuses aux Etats-Unis? Silence ou plutôt: CENSURE. Par contre, les clichés sur le Caire, la Syrie, tournent en boucle.
Mais revenons à Poutine : il est très silencieux. Comment va t-il réagir ? Il attend patiemment que l’Occident morde la poussière. Cela arrivera, il en a la certitude… nous aussi. Pour l’heure, nous pensons comme Elena Panfilova, qui dirige l’ONG Transparency international à Moscou: “Poutine et Russie unie sont deux choses différentes. Certains n’ont pas voté pour Russie unie avant-hier mais ils voteront pour Poutine en mars”.

vendredi 27 janvier 2012

Liberté économique: la France 67ème derrière ...le Kazakhstan




Les jugements portés sur l'économie française se suivent et se ressemblent. Après la perte de la note triple A sur le risque représenté par sa dette publique, le pays vient de recevoir une autre mauvaise note, cette fois sur le degré de liberté économique. Dans le classement 2012 calculé par la très libérale Heritage Foundation en partenariat avec le Wall Street Journal, la France se retrouve ainsi au 67ème rang derrière le Kazakhstan, le Cap Vert ou la Jamaïque…

Ce classement annuel établi depuis plus de dix ans comprend 179 nations se base sur dix critères que sont: la liberté du travail, la liberté économique, la liberté du commerce, la liberté fiscale, le niveau de dépenses publiques, la liberté monétaire, la liberté d'investissement, la liberté financière, la garantie des droits de propriété et la corruption.

L'Heritage Foundation souligne bien la «diversité et la résilience relative» de l'économie française et sa «solidité institutionnelle» qui garantit un environnement réglementaire stable et fiable. 
Pour autant, «les dépenses publiques représentent plus de la moitié de la richesse nationale, le budget est en déficit chronique… Le marché du travail est entravé par des règles rigides et affiche un manque criant de dynamisme. Tout en protégeant ostensiblement les travailleurs, le code du travail affaiblit la compétitivité et augmente le chômage…».

Au sein de l'Union Européenne, la France est assez nettement devancée par le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Finlande, l'Allemagne, l'Autriche… qui sont dans les trente premiers du classement mondial et affichent tous une santé économique supérieure et un niveau de chômage inférieur.

Les meilleurs élèves mondiaux selon l'Heritage Foundation sont pour les cinq premiers: HongKong,  Singapour, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Suisse, des pays qui traversent la crise depuis 2008 sans trop souffrir.

Les Etats-Unis ne sont pas à la fête et reculent nettement pour se retrouver au 10ème rang, sanctionnés pour avoir perdu du terrain en termes de «dépenses publiques, de niveau de corruption et de liberté des investissements… 


Redonner à l'économie américaine le statut d'économie «libre» va demander des changements politiques significatifs pour réduire la taille du gouvernement, réformer le système fiscal et transformer des programmes d'aides coûteux». Ce n'est pas un secret, l'Heritage Foundation et le Wall Street Journal ne sont pas vraiement favorables à l'administration Obama.

Il y a encore moins de surprises du côté des derniers de la classe en matière de liberté tout court et à fortiori économique qui sont: l'Iran, le Venezuela, Cuba, le Zimbabwe et bon dernier, la Corée du Nord.