lundi 28 février 2011

Sultanat d'Oman : Révolte sous fond de chômage et de corruption

http://www.vancouversun.com/news/4355914.bin?size=620x400Des Omanais réclamant plus d'emplois et d'argent continuent de s'opposer au pouvoir lundi à Sohar, première ville industrielle du sultanat, au lendemain d'affrontements meurtriers avec la police.

Contrairement à la veille, lorsque la police a fait six morts, selon un docteur, en tirant sur la foule avec des balles de caoutchouc, les forces de l'ordre ne sont pas intervenues lundi matin.

Des centaines de personnes bloquaient l'entrée de la zone industrielle dans la ville de Sohar, dans le nord de ce petit pays du Golfe. Cette zone contient un port et une raffinerie.

"Nous voulons que l'argent du pétrole soit réparti équitablement dans la population", a lancé un opposant dans un porte-voix. "Nous voulons moins d'expatriés à Oman pour que davantage d'emplois soient créés pour les Omanais", a-t-il ajouté.



Un supermarché était en flammes et pillé, selon des témoins. La veille, des manifestants ont mis le feu à deux bâtiments gouvernementaux et à un commissariat après avoir libéré les détenus.

La révolte de Sohar est inhabituelle dans ce pays bien calme, où les partis politiques sont interdits et où le sultan Kabous ben Saïd est au pouvoir depuis quatre décennies.


Dimanche, d'autres manifestations ont eu lieu à Salalah, dans le sud du sultanat, où des opposants au pouvoir campaient près du bureau du gouverneur provincial.

http://oman.luluhypermarket.com/support_images/cms/map_50820101240547546.JPGSur une statue de la place principale de Sohar, des graffitis disent "Les gens ont faim" et "Non à l'oppression du peuple".

"Il n'y a pas d'emploi, pas de liberté d'expression", a dit Ali al Mazroui, chômeur âgé de 30 ans. "Les gens en ont marre et veulent de l'argent. Ils veulent mettre fin à la corruption."Le gouvernement omanais a promis dimanche de créer 50.000 postes dans la fonction publique et de donner 390 dollars par mois aux chômeurs.

La veille, il a procédé à un remaniement, une semaine après les premières manifestations à Mascate, la capitale, et fait un premier pas vers des réformes politiques.La plupart des pays du Golfe, confrontés aux mêmes révoltes que les dirigeants d'Afrique du Nord, ont utilisé la manne pétrolière pour mettre un terme à la contestation.

Oman, qui entretient de forts liens militaires et politiques avec les États-Unis, n'est pas membre de l'Opep et extrait environ 850.000 barils par jour.



Jason Benham et Saleh Al-Shaibany, 
Benjamin Massot et Clément Guillou pour le service français

dimanche 27 février 2011

Tunisie : La mort de 3 jeunes fait tomber Ghannouchi

http://www.businessnews.com.tn/images/Sources/BusinessNews/ghannouchi-parisot0808.jpg
Mohammed Ghannouchi avec la présidente du MEDEF français
Le premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi, dont les manifestants réclamaient le départ, a annoncé dimanche sa démission au cours d'une conférence de presse à Tunis. 

Au lendemain de la grande manifestation au centre de la capitale tunisienne, et après la mort de 3 personnes qui a suivi la dispersion de la foule par les forces de l'ordre, les manifestants se sont retrouvés en grand nombre et en colère contre ce gouvernement qui semble refaire les mêmes erreurs qu'avant la Révolution de Jasmin.

"J'ai décidé de démissionner de ma fonction de Premier ministre", a déclaré M. Ghannouchi, qui avait pris les rênes d'un gouvernement de transition après la chute le 14 janvier du président Ben Ali, chassé par la pression de la rue.

C'est l'ex-Ministre de l'Interieur sour Ben-Ali, Béji Caïd Essebsi qui est appelé a le remplacer. l’Ex ministre de l’Intérieur Béji Caid Essebsi aurait demandé à la police d’ouvrir le feu sur les manifestants.Un Mort et plusieurs blessés ! Béji Caid Essebsi a bien publié récemment ses mémoires (qui s’étendent sur 525 pages, grand format).

Mais qui est-il ?
Béji Caid Essebsi est un Ancien directeur de la sureté nationale (janvier 1963- juillet 1965), secrétaire d’Etat à l’intérieur (juillet 1965-septembre 1969), ministre de la défense (novembre 1969- juin 1970), ambassadeur en France (aout 1970- novembre 1971), ministre délégué auprès du premier ministre (décembre 1980- avril 1981) ; ministre des affaires étrangères (avril 1981- septembre 1986). (Après 1987, il a été nommé membre du Conseil Constitutionnel entres autres).

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Cliquez ici pour accéder a plus d'infos sur l'ouvrage
Béji Caid Essebsi s’est toujours présenté comme faisant partie de la tendance libérale au sein du PSD (Parti Socialiste destourien rebaptisé RCD en 1988) et ce depuis 1970. Cependant, Béji Caid Essebsi ne s’est jamais expliqué sur son passage au Ministère de l’Intérieur ( Béji Caid essebsi est Ancien directeur de la sureté nationale (janvier 1963- juillet 1965), Secrétaire d’Etat à l’intérieur (juillet 1965-septembre 1969).

En 2002, Il a réalisé un Entretien avec Michel Camau et Vincent Geisser.( Ouvrage : Bourguiba la trace et l’héritage », Ouvrage collectif, sous la direction de Michel Camau et Vincent Geisser. : 01/05/2004 Editeur : Karthala. Entretien Béji Caid Essebsi, pp 577-601. Entretien réalisé par Michel Camau et Vincent Geisser en avril 2002. Transcription revue et corrigée par Béji Caid Essebsi. )

Cependant,dans ses mémoires publiées récemment (elles s’étendent sur 515 pages quand même) « Habib Bourguiba , le bon grain et l’ivraie », Béji Caid Essbsi ne cite pas cette interview peu connue en Tunisie. L’examen de la page 417 de ses mémoires renseigne sur la présence de 21 annexes rattachées aux mémoires de Béji Caid Essebsi… mais on ne trouve pas son interview avec les deux chercheurs français.

Et pour cause, c’est dans cette interview qu’on constate la facette répressive de Béji Caid Essebsi.


On ne retrouve nullement les précisions des Ministres sur ces faits, ni sur la mort du syndicaliste Hassen Saadaoui dans les locaux du ministère de l’Intérieur, ni la répression des manifestations de Borj Rais en 1965(5 morts et plusieurs blessés) ni la torture des impliqués dans le complot de 1962 (Béji Caid Essebssi était le Directeur de la Sureté dans le temps, en 2002, il a déclaré qu’il n’était pas au courant !) Cliquez ICI pour Lire la suite

Sultanat d'Oman : Effet de contagion de la révolte arabe


http://www.avionbasprix.com/images/cartes/Oman.gifDes policiers ont tiré dimanche des bombes lacrymogènes et des balles en caoutchouc contre des manifestants qui tentaient d'attaquer un poste de police à Sohar, à 200 km au nord de la capitale d'Oman, Mascate, ont rapporté des témoins. Les manifestants, quelque 250 chômeurs demandant des emplois, ont tenté d'attaquer le poste de police de la ville côtière avant d'être dispersés par les policiers. Deux manifestants ont été tués.

Ils se sont repliés sur un rond-point proche, rebaptisé "rond-point de la réforme". La police a tenté de les disperser à nouveau avant de quitter les lieux. L'armée a été déployée dans cette cité industrielle pour sécuriser la zone. Il s'agit de la première manifestation violente dans le sultanat d'Oman qui a connu ces dernières semaines des marches à caractère social.

PLUS DE RÉFORMES

Samedi, le sultan Qabous d'Oman a annoncé l'augmentation de bourses pour les étudiants, les faisant passer de 25 rials (65 dollars) à 90 rials (234 dollars), selon l'agence officielle omanaise Ona. Le sultan a également donné l'ordre de créer une association de défense des consommateurs et indiqué envisager de créer des coopératives pour proposer des produits alimentaires à bas prix. Le 18 février, quelque 300 Omanais avaient manifesté pacifiquement dans le centre de Mascate pour demander des augmentations de salaires et des réformes politiques.

D'autres manifestations ont eu lieu dimanche à Salalah, dans le sud de ce petit pays, où des opposants au pouvoir campent depuis vendredi près du bureau du gouverneur provincial. La révolte sociale dans les pays arabes s'est étendue depuis la semaine dernière à ce sultanat du Golfe, où les partis politiques sont interdits. Le sultan Kabous ben Saïd a déjà augmenté les salaires de 43 % pour les travailleurs du secteur privé et procédé à un remaniement gouvernemental.

Égypte : l'ambassadrice américaine responsable du meurtre de 25 manifestants au Caire ?

Le Barreau d'Égypte a porté plainte contre l’ambassadrice américaine au Caire, Margaret Scoby, l’accusant d’être impliquée dans l’affaire du meurtre de 25 manifestants durant le soulèvement égyptien contre le régime égyptien ont rapporté les journaux égyptiens.


Dans une circulaire adressée au chef du Conseil suprême des forces armées et au procureur général, le secrétaire général de la Commission des libertés de ce syndicat, Jamal Tag EdDine a signalé que Scobey a facilité l’utilisation, par certains responsables du ministère de l’Intérieur, d’un véhicules de l’ambassade, à bord duquel ont été écrasé et percuté de nombreux manifestants.

Tout le monde se rappelle les images retransmises le 28 janvier dernier par les chaînes de télévision d’un véhicule de l’ambassade américaine en train des traverser une artère cairote en écrasant et en percutant les manifestants.


Dans sa requête, le représentant du barreau des avocats égyptiens exige l’expulsion de l’ambassadrice américaine, en tant que persona non grata, de présenter une contestation aux autorités américaines et de préparer le terrain à sa comparution, devant la justice américaine, pour son implication dans le meurtre de 25 protestataires égyptiens.

Le texte de la circulaire reproche à la diplomate américaine d’avoir permis à un haut fonctionnaire du ministère de l’intérieur de s’emparer d’une voiture appartenant à l’ambassade américaine et portant une immatriculation diplomatique et de commette ce carnage dans un quartier de la capitale égyptienne au cours duquel 25 manifestants ont été tués et plusieurs autres blessés.

L'accusation contre Scoby comprend entre autre l'incitation au meurtre avec préméditation, au recours à la violence, aux menaces et à la terreur, pour semer le chaos.

samedi 26 février 2011

Arabie Saoudite, le roi aurait-il peur des révoltes ?


http://www.tunisiecomex.com/commun/images/atlas/cartes/carte_arabie-saoudite_fr.gifRentré précipitamment chez lui, Abdallah d’Arabie saoudite arrose ses sujets.Le roi tente de prémunir son pays du tsunami révolutionnaire arabe.Fait inédit, la colère arabe souffle également sur le Golfe où elle soulève une inquiétude grandissante dans les monarchies pétrolières, à commencer par l’Arabie Saoudite.

Pressentant la propagation du vent de la colère en Arabie saoudite, le roi Abdallah est rentré précipitamment dans son pays pour annoncer sur le tarmac une première salve de mesures à visée sociale. Le feu de la révolte arabe est aux portes de son pays, l’Arabie saoudite en est même cernée. À l’ouest, les Yéménites sont plus que jamais déterminés à chasser leur tyran, un ex-socialiste reconverti au libéralisme version bazar, mais avec des lois liberticides pour sa population, au pouvoir depuis trente années. À l’est, dans le golfe Arabo-persique, les Bahreïnis on fait le même serment contre le prince qui s’est d’ailleurs empressé de consulter Abdallah dès le retour précipité de celui-ci à Ryad. Les insurgés, pour la plupart des chiites considérés comme des Bahreïnis de seconde classe, lui ont tout même laissé une porte de secours : le roi pourra rester s’il consent à cohabiter dans une monarchie parlementaire.

La couleur est ainsi annoncée pour tous les rois et princes de la région, menacés eux aussi malgré l’aisance matérielle dont bénéficient leurs populations. Abdallah, leur chef de file, est lui conscient de cette perspective qu’il tente d’éviter sinon de repousser. Il sait que l’Arabie saoudite n’est plus une exception, que le régime wahhabite n’est pas à l’abri d’un éventuel soulèvement populaire. N’en déplaise aux derniers amuseurs des dictatures et autocrates arabes, la théorie des dominos joue à plein tube.

http://www.emarrakech.info/photo/772398-916866.jpg?v=1238417833Les pouvoirs arabes sont aujourd’hui menacés, voire vacillants, contaminés par le vent de révoltes qui, en moins de deux mois, a déjà balayé deux dictatures (Ben Ali et Moubarak). Bientôt ce sera le tour du désormais fou et paranoïaque Khadafi. Les peuples arabes ont transcendé leur peur et divisions idéologiques pour recouvrer la dignité et les libertés démocratiques, malgré les violences de leur pouvoir dont la caricature est le génocide perpétré par Kadhafi et ses fils contre le six millions et demi de Libyens. Et fait inédit, ce vent souffle également dans le Golfe où il soulève une inquiétude grandissante dans les monarchies pétrolières, à commencer par l’Arabie saoudite. Déjà très impliquée à sa frontière sud, au Yémen où des troupes saoudiennes aident le régime du président Ali Abdallah Saleh à contenir une opposition composite, Riyad est tétanisé à l’est, sur le petit royaume insulaire de Bahreïn, sa porte sur le Golfe et le lieu de villégiature (alcool et sexe) pour ses classes moyennes, où des manifestants réclament la fin de la dynastie des El-Khalifa, des sunnites qui règnent sur une majorité chiite depuis le XVIIIe siècle.
http://www.rmc.fr/images/article/2011-02-19T090215Z_01_APAE71I0P3T00_RTROPTP_3_OFRTP-BAHREIN-TP-20110219.JPGLa famille El-Khalifa compte sur le soutien sans faille de son voisin saoudien. La flambée révolutionnaire se produit tout près de ses provinces pétrolières orientales, de l’autre côté du pont de 24 kilomètres qui relie la péninsule à Bahreïn. Mais que peut faire Abdallah qui n’est pas à l’abri d’une contamination bahreïnie ? 

Si Manama avait toléré son opposition chiite, en particulier le grand parti chiite Wefaq avec lequel vont s’ouvrir des discussions pour entamer des réformes réelles, Ryad a toujours nié et combattu ses chiites. Comme ses pairs autocrates et dictateurs, Riyad brandit aussi le spectre de l’ingérence étrangère et n’a de cesse de soupçonner l’Iran de vouloir entrer dans la bergerie pétrolière.
La querelle sur la nature arabe ou persique du Golfe n’est bien évidemment pas seulement sémantique, mais de toute évidence, cette fois, la grille de lecture sunnite-chiite ne suffit pas du tout à décrire la déchirure dans le Golfe arabe. Il y a aussi des sunnites aussi pour demander des réformes sinon les têtes des rois et princes. Changement de génération, des appels à des journées de colère prolifèrent sur le royaume des Wahhabites. Ce sont des jeunes, étudiants ou chômeurs qui donnent le tempo de la révolte. Dans les monarchies pétrolières, c’est toute une génération éduquée et au fait des affaires du monde qui ne parvient plus à trouver sa place dans les fonctions publiques civiles et militaires qui absorbaient jusqu’à récemment les intelligentsias nationales en mal de promotion sociale. 

La jeunesse piaffe d’impatience pour bousculer les anciens équilibres des pouvoirs, comme en Égypte et en Tunisie, pour entrer dans le jeu politique.  Et puis, en voie de paupérisation depuis une dizaine d’années pour cause de tarissement des budgets pétroliers, c’est aussi toute une classe sociale en Arabie saoudite qui a vu s’effacer l’État providence de sa monarchie pétrolière. Avec un taux de chômage au dessus des 10 % (dont 40 % pour les moins de 30 ans) c’est aussi dans la péninsule arabique que le système de redistribution des recettes pétrolières s’essouffle et la génération montante frappe à la porte du pouvoir.

vendredi 25 février 2011

Libye : Kadhafi encerclé

http://libeur.com/yahoo_site_admin/assets/images/map_libya_tripoli.33273328_std.jpgLibye : son périmètre réduit, Kadhafi lâche du lest... financier

Le gouvernement libyen a annoncé vendredi matin une hausse des allocations et des salaires de certains fonctionnaires de 150% ! Sur le terrain, après de violents combats, Misrata, la 3e ville du pays, située à 120 km à l'Est de Tripoli, semble désormais bel et bien contrôlée par les rebelles.


Les rebelles gardent la 3e ville du pays
Après avoir été confuses, les informations sur la situation à Misrata, 3e ville du pays à 120 km à l'Est de Tripoli, semblent plus claires. Selon de nombreux témoins, la contre-offensive lancée jeudi par des mercenaires et des soldats loyalistes (de plus en plus de militaires de l'armée régulière désertent) a finalement été contenue à la suite de violents combats.

Alors que tout l'Est du pays est sous le contrôle des rebelles, l'étau continue donc de se resserrer sur Mouammar Kadhafi. Si Tripoli est toujours calme, Zouara, à l'Ouest de la capitale, est en effet aussi tombée. Une contre-offensive y serait aussi en cours.

Mesures sociales
Pour tenter de calmer la situation, le gouvernement a décidé de piocher dans la manne pétrolière en augmentant les salaires, les aides alimentaires et les allocations familiales. Selon l'annonce faite vendredi matin par la télévision d'Etat, chaque famille recevra 500 dinars libyens (290 euros) et les salaires de certaines catégories de fonctionnaires seront relevés de 150%.

Les frontières transformées en camp de réfugiés
Tunisiens à l'Ouest, Egyptiens à l'Est : les deux frontières doivent accueillir des milliers de personnes qui quittent la Libye et retournent dans leur pays d'origine, où beaucoup n'ont plus d'attache. Les ONG craignent donc une crise humanitaire et mettent en place des mesures d'urgence juste derrière les postes frontaliers.

L'évacuation des étrangers continuent
L'Union européenne cherche un appui naval militaire pour évacuer ses quelque 6000 ressortissants encore en Libye -les États membres ont décidé d'activer un mécanisme d'urgence pour mettre en commun leurs ressources.

jeudi 24 février 2011

Libye : La fortune du boucher de Tripoli

Durant près de 42 ans de règne, El Gueddafi (Kadhafi) et sa famille ont bâti un empire financier vaste, mais difficile à évaluer. D’autant que la famille détient des actions dans de nombreux secteurs économiques à l’étranger.

http://haitilibya.org/images/berluscoi-khadafi-italie-libye_158.jpgD’après Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen, la fortune de Mouammar El Gueddafi et sa famille dépasse largement celle de Moubarak. Elle s’élèverait, à son avis, à 120 milliards de dollars.
Le despote a diversifié ses placements et ses acquisitions à travers les membres de sa famille.

Dans son édition d’hier, le Financial Times, citant des câbles diplomatiques obtenus par le réseau social WikiLeaks, indique que les diplomates de l’ambassade américaine affirment que le despote de Tripoli et sa famille détiennent d’importantes actions dans les secteurs du pétrole et du gaz, des télécommunications, des infrastructures de développement, des hôtels, des médias et de la grande distribution.

Dans ce rapport qui date de mai 2006, il est constaté que les enfants d’El Gueddafi touchent des revenus réguliers de la société pétrolière nationale dont les exportations atteignent des dizaines de milliards de dollars. Est cité en ce sens, à titre d’exemple, le second fils du tyran, Seïf Al Islam, qui a accès à l’industrie pétrolière par la voie de la filiale de son groupe personnel, One-Nine. Ces fortunes sont aussi sources de luttes intestines entre frères et sœurs El Gueddafi.
Le «tyran» a investi 21,9 millions de dollars en 2009 rien que dans un complexe hôtelier de la ville italienne de l’Aquila, détruite la même année par un séisme. Le même jour, le Guardian observe que la fortune des El Gueddafi est difficile à évaluer. Il évoque en ce sens des comptes secrets à Dubaï, en Asie du Sud-Est et dans les pays du Golfe. La manne pétrolière a permis à la Libye d’investir 70 milliards de dollars à travers la Libyan Investment Authority (LIA), un fonds souverain créé en 2006.

Dans le même câble, il est fait état de la mainmise de ses neuf enfants et de sa femme sur l’économie du pays. Le pétrole est la principale ressource du clan. Autre activité : les télécommunications. Ce secteur est contrôlé par un autre fils du guide, Mohamed, alors que Saâdi s’occupe de l’immobilier. Ancien footballeur qui comptabilise 15 minutes de jeu avec le club italien Pérouse dans les années 90, il lance en 2006 la construction d’une ville entière située dans une zone à forte valeur touristique. Après la levée des sanctions économiques des Nations unies sur Tripoli, en 2003, se développe dans le pays le petit commerce, notamment celui des vêtements. Activité réservée à la femme du dictateur, Safia, et à sa fille Aïcha.

En Italie, la Libye détient des actions dans plusieurs secteurs. En effet, Tripoli détient 7,5% du capital d’UniCrédit et dispose de 2% des actions de Finnemecanica, de 7,5% de la Juventus de Turin, de 2% d’Eni et de 14,8% de Retellit, une société contrôlée par Telecom Italia.

Lundi dernier, un avocat établi à Fribourg, Ridha Ajmi, a déposé plainte auprès du ministère public de la Confédération suisse et une requête auprès de la direction du droit international public au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) pour «geler les fonds appartenant au clan du dictateur Mouammar El Gueddafi ainsi qu’à des membres de sa famille».
Dans un communiqué, l’étude relève qu’elle agit «pour le compte de l’Association Arabic Transparency Organisation (ATO)» et cela par souci d’éviter «la disparition des fonds déposés en Suisse, des fonds qui peuvent provenir de détournements de deniers publics libyens». L’avocat en question souhaite que le blocage des éventuels avoirs et biens en Suisse doit être ordonné «immédiatement», «sans attendre la chute du régime en place à Tripoli», pour éviter toute tentative de détournement vers des «destinations incontrôlables». Il affirme avoir transmis «une liste non exhaustive au Conseil fédéral de personnes soupçonnées».Cette liste comprend douze noms et raisons sociales.


Des membres de la famille El Gueddafi y figurent.

Une autre procédure a été engagée le même jour, a annoncé sur les ondes de la Radio suisse romande (RSF) le président de l’ONG Droit pour Tous, Anouar Gharbi. Elle a été envoyée par son organisation et l’ONG Lybian Human Righs Solidarity et demande «de bloquer les avoirs du clan El Gueddafi» ainsi qu’«une demande de saisine des autorités pénales internationales», selon le même responsable.

Amnay idir
Source: www.elwatan.com

L'Arabie Saoudite est-elle au bord de la révolte ?


http://www.monde-du-voyage.com/arabie-saoudite/voyage-arabie-saoudite-1.jpgL'Arabie Saoudite prend des mesures sociales pour éviter toute révolte
Face aux révoltes populaires qui embrasent le monde arabe, le roi Abdallah d'Arabie Saoudite prend les devants. De retour dans son pays après trois mois d'absence, le souverain a annoncé hier une série de mesures sociales, dont le coût est évalué à 36 milliards de dollars.

Parmi les mesures phares : une revalorisation des salaires des fonctionnaires, un soutien financier accru aux jeunes saoudiens étudiant à l'étranger, de nouvelles aides au logement ou encore une amnistie pour les personnes emprisonnées pour délits financiers, selon des décrets relayés par l'agence de presse saoudienne.

L'Arabie Saoudite a pour le moment échappé aux mouvements de révolte, qui ont déjà renversé les régimes tunisiens et égyptiens et qui menacent désormais la Libye de Kadhafi. Mais des signes de mécontentement commencent à paraître, notamment sur les réseaux sociaux ou certains appellent à un "jour de la colère" le 11 mars prochain.

Malgré ses richesses pétrolières, l'Arabie Saoudite reste plombée par un taux de chômage de plus de 10%, d'après les données du Fonds monétaire international. Il atteindrait même de plus de 40% chez les jeunes âgés de 20 à 24 ans, selon des chiffres communiqués l'an dernier par le gouvernement local.

Le plus gros détenteur de la dette américaine n'est plus la Chine, c'est...




L'analyse de l'ex-trader Marc Fiorentino sur l'"arnaque américaine" de 2011. Découvrez qui a supplanté la Chine et le Japon pour le rachat de la dette des Etats-Unis. 

Stupéfiant !

 

Marc Fiorentino pour La Tribune - 09/02/2011

http://money.unblog.fr/files/2009/03/madoff1.jpgMadoff était finalement un petit joueur. Avec ses 50 ou 60 milliards de dollars détournés, il n'a pas exploité toutes les possibilités de la fameuse chaîne de Ponzi... Face au tandem Geithner-Bernanke, nos nouveaux Robert Redford et Paul Newman dans ce remake de « l'Arnaque », il faut dire que la concurrence est rude. Décortiquons cette fraude massive car le montage est d'une subtilité perverse et d'une perversité subtile.

Commençons tout d'abord par un petit rappel : le Trésor américain et la Fed sont deux poches différentes du même argent... Même si la banque centrale américaine est indépendante, ses moyens sont les mêmes que ceux du Trésor américain. Quand la Fed perd de l'argent, et elle va perdre une fortune sur ses achats massifs d'obligations d'État avec la remontée des taux d'intérêt qui s'amorce, cette perte va directement, chaque année, s'imputer au déficit budgétaire américain, un déficit qui est déjà en lambeaux.

Que s'est-il passé en 2010 ? L'État américain, déjà en faillite virtuelle, a fait de la relance. Il a injecté des centaines de milliards de dollars dans l'économie qu'il n'avait pas. Ces centaines de milliards, le Trésor américain a dû les emprunter. Le problème, c'est que les Chinois ne veulent plus de ces nouveaux subprimes, ni les Japonais ni les pays du Golfe... Les ménages américains ont absorbé une partie de ces déchets napolitains pour placer une épargne récemment reconstituée. Mais cela ne suffisait pas. Dès lors, la Fed est venue prêter au Trésor américain... Mais la Fed et le Trésor, c'est pareil ! C'est de l'argent qui sort d'une poche pour entrer dans l'autre, avec deux poches qui, aujourd'hui, sont percées. On a appris cette semaine, sans surprise, mais tout de même avec effroi, que la Fed était passée devant la Chine et était devenue le plus gros détenteur d'emprunts d'État américains ! Fascinant, non ? L'administration Obama, qui voulait réformer les pratiques bancaires, fait ce qu'aucune banque, ni aucun escroc de haut vol, n'a jamais tenté. Il faut dire qu'ils n'en sont plus à une contradiction près : les vingt plus grosses banques américaines vont verser pour 2010 un montant record de rémunérations : 135 milliards de dollars alors qu'Obama devait briser Wall Street, l'appât du gain et les bonus. Michael Douglas a raison de dire en 2010 : « Greed is not just good, it's legal. » Passons.

Le problème de ce tour de prestidigitation, ô combien impressionnant, est qu'il ne pourra plus être utilisé en 2011. Vous allez comprendre pourquoi. Les taux montent. La Fed perd donc tous les jours de l'argent sur les 1.100 milliards d'emprunts d'État qu'elle a avalés. Elle va sûrement encore jouer la fuite en avant avec un QE3 ou un QE4 mais elle ne pourra pas continuer à absorber intégralement les besoins d'emprunt de ses collègues du Trésor. Madoff avait besoin que les marchés continuent à monter pour que son arnaque tienne. La crise de Lehman a mis sa belle pyramide à terre. Geithner et Bernanke ont besoin que les taux d'intérêt baissent pour qu'ils puissent continuer à faire voltiger les dollars sans que les spectateurs s'aperçoivent de la supercherie. Oui, mais voilà. Avec des matières premières en folie, du fait entre autres de ce « quantitative easing », des valeurs d'actifs qui montent sous l'effet de la spéculation, des banques qui reprennent leurs plus mauvaises habitudes, les taux grimpent. Doucement mais sûrement. Et il suffit que cette hausse s'accélère pour qu'on découvre que tout cela n'est qu'une gigantesque arnaque.

Mais alors, me direz-vous, si c'était aussi simple que cela, que fait la police ? La police, c'est-à-dire les agences de notation ou la SEC, est à peu près aussi sévère avec le Trésor américain et la Fed que la police tunisienne l'était avec la belle-famille de Ben Ali ! Notre duo d'équilibristes est aujourd'hui dans une fuite en avant qui ne peut que mener les États-Unis dans un mur. Bravo les artistes !

mercredi 23 février 2011

Libye : passivité diplomatique sur un Massacre de masse

Kadhafi.jpgLe soulèvement du peuple libyen parti de Benghazi et qui s’est étendu à une dizaine de villes est en train de se transformer en massacre à huis clos. Le régime sanguinaire de Kadafi n’hésite pas à utiliser des mercenaires étrangers et à tirer sur les manifestants. 

Rien qu’à Benghazi, les sources hospitalières dénombrent plus de 250 morts et un millier de blessés. Les localités tombées entre les mains des insurgés comme Derna et Elbeida sont assiégées par les forces du régime qui leur imposent un véritable blocus dans le but de les affamer.

Dans plusieurs endroits, les manifestations contre le régime se sont transformées en insurrection. Des officiers de la police et de l’armée ont rejoint le peuple avec armes et bagages et ont commencé à distribuer les armes aux insurgés en vue de se défendre contre les hordes armées du régime. A Tobrouk, la base de l’armée de l’air et un détachement blindé ont pris position en faveur des insurgés.

Tous les ingrédients d’une guerre civile aux conséquences terribles sont présents sous le regard complaisant d’une communauté internationale habituée à des réactions plus rapides et plus énergiques dans d’autres contextes. L’intervention télévisée du fils aîné du dictateur dénote la détermination du régime à recourir à une guerre civile ouverte pour se maintenir au pouvoir. Il a mis ouvertement les insurgés devant le choix d’entrer dans un dialogue en vue de « réformer » le régime ou d’accepter le « jugement » des armes ! Cette assurance reflète-t-elle l’aventurisme d’un régime aux abois comptant sur les mercenaires que ses pétrodollars lui assurent ou, plus grave, cache-t-elle un « appui » secret extérieur autrement plus sérieux ?

Dans sa déclaration, l’homme fort du régime libyen a rappelé que « l’Occident n’acceptera pas l’anarchie ni des émirats islamiques en Libye » et a menacé les Libyens de l’évasion des capitaux dans le cas où son régime tombait. Propagande ou discours relayant des menaces étrangères autrement plus dangereuses ? L’ « inquiétude » exprimée par le Département d’Etat américain et son appel à la « retenue » et à la non utilisation de la « violence disproportionnée » relèvent dans ces conditions d’un cynisme diplomatique qui frise la complicité avec des crimes contre l’humanité. Imaginons un seul instant la réaction des diplomaties occidentales si de tels crimes étaient commis par exemple en Iran !
 
Normalisation diplomatique
Comment expliquer cette étrange passivité de la diplomatie américaine à l’égard d’un régime qui passait, il n’y a pas si longtemps, pour un régime « anti-impérialiste » surtout à ce stade, où un véritable bain de sang n’est plus à écarter ? Si les Américains se sont pour le moment contentés d’exprimer leur « inquiétude » c’est que les arrangements secrets conclus avec le régime en 2003, dans le sillage de la guerre d’invasion de l’Irak, cachent des éléments autrement plus importants que ce qui a été divulgué à l’époque par les médias occidentaux.

En effet, l’accord « diplomatique » conclu en 2003 entre les Etats-Unis et le régime de Kadafi était une aubaine pour ce dernier dans la mesure où il s’est trouvé du jour au lendemain absous de ses « crimes terroristes » qui le mettait au banc des nations comme « Etat voyou ». L’éviction armée de Saddam Hussein par les Américains a servi d’avertissement décisif. Pour se maintenir au pouvoir, Kadafi a tout donné. Outre son statut de rempart supposé contre l‘islamisme dans la région, la presse américaine a mis en avant deux dividendes diplomatiques : le démantèlement des ateliers de fabrication d’armes chimiques et l’abandon des mouvements dits « terroristes » c’est-à-dire les mouvements de la résistance palestinienne qui n’ont pas abdiqué les droits nationaux de leur peuple et les autres mouvements de libération nationale de la région.
Dans ce cadre, le fils aîné de Kadafi est entré dans des pourparlers secrets avec les Israéliens et leur a rendu d’énormes services. Bien entendu, la levée de l’embargo qui frappait la Libye allait aussi permettre aux Américains de gagner le gros lot en termes de contrats pétroliers dans ce pays.

Mais la passivité de la diplomatie américaine à l’égard de ce qui se passe en Libye indique que les Etats-Unis ne se sont pas contentés de ces dividendes sécuritaires et économiques. Fort d’un matelas non négligeable de pétrodollars, le régime libyen a été chargé de jouer un rôle actif dans la nouvelle stratégie américaine dans la région du Sahel dans le but de contrer l’influence de la Chine et accessoirement celle de la France. Cette dernière s’en tire bien néanmoins. Même si elle n’a pas réussi à placer ses avions Rafale en Libye, elle garde des positions importantes dans ce pays et l’art de retourner la folie des grandeurs d’un régime mégalomane contre son voisin algérien lui a, jusqu’ici, bien réussi.
En effet, la normalisation diplomatique n’a pas seulement sauvé un régime particulièrement impopulaire malgré sa phraséologie révolutionnaire et réglé des dossiers sécuritaires sensibles dans le sens voulu par les Américains. Cette normalisation a aussi servi de couverture à un véritable plan de déstabilisation de la région du Sahel dans le cadre d’une nouvelle stratégie américaine qui ne dit pas son nom mais qui complète logiquement le projet du « grand Moyen Orient. »

Le « grand jeu » au Sahel
Avec le recul, il est aisé de conclure que les graves agissements du régime libyen dans la région depuis quelques années ne pouvaient pas avoir lieu sans la complaisance des Américains et des Français. Parmi ces agissements, nous retiendrons les plus importants : la manipulation diplomatico-financière de certains membres de la Communauté des Etats du Sahel et du Sahara, « Sinsad », qui regroupe plusieurs Etats de la région dont la Lybie, le Mali, le Niger, la Mauritanie mais aussi d’autres Etats africains qui l’ont rejointe pour des raisons diverses comme le Maroc, la Tunisie, l’Egypte, le Soudan, le Sénégal.

La manipulation de plusieurs acteurs locaux de la scène régionale : bandits et contrebandiers qui sillonnent les contrées sahariennes, certains groupes terroristes de la soi-disant Qaida et certains mouvements touaregs minoritaires dont l’action est instrumentalisée afin de justifier les ingérences étrangères dans la région. Au demeurant, ces trois acteurs n’hésitent pas à l’occasion d’échanger services et argent sous l’œil bienveillant des puissances qui trouvent leur intérêt dans cette opacité calculée.

Cependant, les agissements du régime libyen qui contribuent activement à créer une situation sécuritaire propice aux ingérences américaines et françaises dans une région stratégique ne s’arrêtent pas là. Incapable de réaliser son rêve d’une grande Libye qui devrait s’étendre jusqu’au périmètre pétrolifère de Hassi Messaoud, le régime de Kadafi a trouvé le moyen de se venger de son voisin : se faire le principal instigateur d’un plan loufoque mais qui pourrait bien se croiser avec des plans autrement plus sérieux concoctés dans certaines officines de l’Empire mais qui restent pour le moment dans les tiroirs. En quoi consiste ce plan de Kadafi ? Un Etat saharien qui va de l’Atlantique à la mer rouge.

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Un grand territoire dont le sous-sol regorge de richesses (gaz, uranium, minerais) mais qui a la particularité d’être faiblement habité, ce qui pourrait assurer à ses habitants un revenu annuel digne du Koweit Un tel ensemble, s’il peut convenir à la folie des grandeurs du dictateur libyen, pourrait aussi arranger les Américains dans l’éventualité où ils ne verraient pas d’autres possibilités de contrôler cette région stratégique.

En contrepartie de son rôle actif dans la réalisation de ce plan, la Libye, qui se verrait amputée seulement d’une petite partie de son Sahara qui est insignifiante du point de vue économique, deviendrait une puissance régionale au sens souhaité par les Américains : assez puissante pour faire la police avec ses voisins sahéliens mais pas assez puissante pour gêner le jeu américain dans la région. L’Etat qui pourrait être dangereusement touché par ce plan est l’Algérie. En effet, l’Etat saharien qui pourrait naître de cette redéfinition radicale de la carte géopolitique de l’Afrique passe au nord à côté de Laghouat, incluant de fait les champs gaziers de Hassi Rmel.et bien entendu le sous-sol du Touat et du Hoggar dont on est sûr maintenant qu’il contient d’énormes gisements d’uranium.

Ce n’est pas un hasard que le plan « saharien » concocté dans les officines américaines a repris en grande partie un autre plan qui devait dans les années 90 se terminer par la partition de l’Algérie en plusieurs Etats si la crise algérienne avait perduré et connu ce que certains lui ont prédit dans le cadre d’une « internationalisation » que les médias occidentaux s’apprêtaient à vendre sous un label « humanitaire » bien expérimenté sous d’autres cieux.

Dans ce grand jeu saharien où de sordides intérêts économiques côtoient des enjeux géopolitiques et stratégiques importants, les positions des protagonistes ne sont pas à l’abri de retournements politiques et diplomatiques spectaculaires. Certains indices montrent que le dénouement imprévu de la crise algérienne, ajouté à l’embellie financière générée par la montée du cours du pétrole, a fini par convaincre Américains et Britanniques de l’utilité de compter plutôt sur la carte algérienne dans la région du Sahel, ce qui explique leur récente prise de distance à l’égard de leur allié stratégique français.

C’est ce dernier élément qui pourrait paradoxalement expliquer le louvoiement américain. La stabilité relative du régime algérien peut aussi bien inspirer méfiance et attentisme aux Américains que favoriser dans les prochains jours un probable lâchage du régime de Kadafi surtout si le peuple libyen continue dans son héroïque élan libérateur comme semble l’indiquer la libération de la seconde ville du pays, Benghazi, qui vient de tomber entre les mains des insurgés soutenus par des militaires.

Le chef de la diplomatie britannique vient d’anticiper sur ses alliés américains en déclarant « inadmissible » la violence avec laquelle le régime libyen a répondu aux manifestants. En effet, quels que soient les enjeux économiques et géopolitiques que le régime libyen a, jusqu’ici, su monnayer pour se maintenir, il est un fait que la diplomatie américaine ne pourra rester indéfiniment complice des crimes contre l’humanité que le régime libyen est en train d’accomplir sans se discréditer davantage dans la région.

L’accélération des évènements révolutionnaires avec une vitesse fulgurante et le basculement de l’armée et de plusieurs tribus, notamment celles situées dans les régions pétrolifères de l’ouest, du côté des insurgés, finiront-ils par décider rapidement l’Administration américaine quand on sait les intérêts qu’elle a à sauvegarder dans la région ? Les prochains jours seront décisifs à cet égard mais tout indique que la libération du peuple libyen sera plus dure que celle des peuples tunisien et égyptien eu égard à la nature d’un régime qui a réussi à construire tout au long de ces dernières années une armée parallèle de mercenaires à son service.

Par Mohamed Tahar Bensaada

Libye : Liberté... le peuple HURLE ton nom !

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Un groupe d’officiers de l’armée a publié une déclaration exhortant leurs compagnons d’armes à « rejoindre le peuple » et à aider à éliminer Kadhafi.

Des fissures profondes montrent que Kadhafi est en train de perdre un soutien vital : des représentants du gouvernement libyen en Libye même ou à l’étranger ont démissionné, des pilotes de l’armée de l’air ont fait défection et des bâtiments publics importants ont été détruits au cours des affrontements dans la capitale.

Au moins 61 personnes ont été tuées dans la capitale uniquement dans la journée de lundi, ont déclaré des témoins à Al Jazeera. Les protestations semblent gagner en force, avec des manifestants disant qu’ils ont pris le contrôle de plusieurs villes importantes et de la ville de Benghazi, à l’est de Tripoli.

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Extraits de l'allocution télévisée de ce soir 22/02/2011 vers 17h30
durant laquelle Kadhafi a appelé le peuple libyen à lutter contre les manifestants armés auxquels il promet la peine de mort.

Kadhafi accuse les manifestants de vouloir faire du pays un état islamique, un «nouvel Afghanistan». Il rappelle que les manifestants armés qui se soulèvent contre le pays et les forces de l'ordre sont passibles de «la peine de mort». «Tout cela va finir en guerre civile», prévient-il. 

 «N'ayez pas peur de ces jeunes, sortez dans les rues et ramenez la sécurité. Nous n'avons pas encore utilisé la force. La force, c'est le peuple libyen», a-t-il affirmé, rejetant la révolte populaire menée selon lui «par de jeunes à qui on a donné des drogues et des ordres» et qui ont suivi les exemples de l'Égypte et de la Tunisie. Il dénonce ces «bandes criminelles qui ne représentent rien» et appelle ses manifestants à agir à partir de demain pour lutter «contre ces enfants qui veulent détruire la révolution».
«Des appareils qui ont survolé tous les palais. Pourquoi? Parce que Kadhafi a été président de la République. C'est parce que Kadhafi a un passé de lutte pour la Libération».

«Ils cherchent à copier ce qui s'est passé en Tunisie»

«Ils incitent vos enfants à aller combattre, et nous allons nous entretuer de fait»
«J'invite le peuple libyen à constituer de nouveaux comités populaires»
«Nous n'avons pas encore utilisé la force, la force vient du peuple libyen. Si nous devions être amené à utiliser la force, nous le ferons en fonction de la constitution et du droit international»
«Dès demain, je vous invite à aller dans la rue, à les affronter».


Kadhafi sort le code pénal libyen... moment terriblement ubuesque.

allocution télévisée 22 fevrier 2011,révolte,répression,révolution,libye,mouammar kadhafi«Est passible de mort tout libyen qui aurait porté les armes contre la Libye»
«Demain, ils pleureront, ils demanderont notre pardon et nous ne leur accorderons pas».
«Dès demain la sécurité sera aux mains des officiers de police et de l'armée»
«Réveillez-vous! Vous voulez que Benghazi soit un lieu de destruction sans eau ni electricité»
«Et ces bandes peuvent s'attaquer aux ressources petrolières et ça peut vous ramener 50 ans en arrière.
Nous étions heureux de la reconstruction de Benghazie et c'est vos enfants qui vont la détruire?
»
«Vous voulez être l'Irak, le Pakistan, la Somalie? Si ça ne vous plait pas, manifestez contre ces jeunes»
«C'est une minorité de terroristes qui veulent faire un nouvel émirat sous les ordres de Ben Laden».
«Vous voulez une nouvelle colonisation imposée par les bombes?»
«Je n'ai pas donné encore donné l'ordre d'utiliser la force,
parce que si ça devait être le cas, ça serait la politique de la terre brûlée
»
«Nous allons nous retrouver dans une guerre entre les différentes tribus. Voilà ce qui attend la Libye si vous n'y mettez pas fin tout de suite».
«L'Amérique a rasé Faluja. Elle a pilloné les mosquées à Falluja en disant que Zarkaoui, le terroriste, était là. Les Américains l'ont fait, alors qu'est-ce qu'on pourrait nous faire»
«Bagdad a été détruite, des familles entières sont mortes. Il y a des millions de personnes qui sont mortes, bombardées par l'aviation américaine»
«Nous sommes libres et nous sommes libres d'utiliser la force excessive»
«Lorsque les Israéliens bombardent, ils disent qu'ils ont le droit de bombarder Gaza»

«Vous avez vu les images? Vous voulez que votre pays devienne comme l'Irak et la Somalie? Les mêmes groupes sont ici. Vous voulez devenir comme à Falludja?»
«A partir de ce soir et de demain, les jeunes, tous les jeunes, pas les jeunes drogués, la jeunesse de Libye doit constituer les comités populaires en portant des brassards des comités de protection.»
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«Nous invitons les officiers libres à aller assurer la sécurité de leur tribu. Qu'ils ne se joignent pas à ces collaborateurs de l'Amérique.»
«Je vous invite à sortir dans la rue. c'est vous qui devez assurer la défense et la protection de la révolution populaire. Cette sécurité vient de ce pouvoir populaire.»
«Dès demain, j'invite la jeunessse à se constituer en comité de défense de la révolution populaire, dans toutes les villes et les villages de Libye.»
«Dès demain, qu'ils portent un brassard, qu'il y ait des comités de protection de défense des valeurs sociales et qu'ils soient constitués par les porteurs du Coran. Ils sont au nombre d'un million constitués des imams qui connaissent le véritable salafisme. Pas le salafisme des assassins, le véritable salafisme qui assure la sécurité des femmes et des mœurs.»
«Des femmes ont été kidnappées par ces groupes criminelles. La population vit un véritable cauchemar, avec ces blindés, ces hélicoptères, avec ces menaces sur notre sécurité.»

«Dès demain nous allons avoir une nouvelle administration, un nouveau pouvoir populaire véritable.»

On assiste en direct au délire d'un Tyran mégalomane ! Le Galigula de la tripolitaine ne veut pas partir, mais il est déjà loin...


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Selon la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) basée à Paris, les manifestants ont pris le contrôle de Syrte, Tobrouk, Misrata, Khoms, Tarhounah, Zenten, Al-Zawiya et Zouara.

Les manifestants ont appelé à une autre nuit de révolte contre le doyen des chefs du monde arabe, en dépit de la répression menée par le dictateur.
Un énorme marche anti-gouvernementale à Tripoli lundi après-midi a été attaquée par les forces de répression qui ont utilisé des avions de chasse et des tirs à balles réelles, ont déclaré des témoins à Al Jazeera.

« Ce à quoi nous assistons aujourd’hui est inimaginable. Des avions et des hélicoptères bombardent indistinctement une zone après l’autre. Il y a beaucoup, beaucoup de morts », a déclaré Adel Mohamed Saleh dans une émission en direct.
« Toutes les personnes qui se déplacent, même si elles sont dans leur voiture, vont être prises pour cible. »

Défection de militaires
Deux jets le l’armée de l’air libyenne ont atterri à Malte lundi, et leurs pilotes ont demandé l’asile politique.
Les pilotes ont affirmé avoir fait défection après avoir refusé d’obéir aux ordres d’attaquer des civils manifestant à Benghazi en Libye.
Les pilotes, qui ont dit être colonels dans l’armée de l’air libyenne, ont été interrogés par les autorités maltaises dans le but de vérifier leur identité.
Pendant ce temps, un groupe d’officiers de l’armée libyenne a publié une déclaration exhortant leurs compagnons d’armes à « rejoindre le peuple » et à aider à éliminer Kadhafi.

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Face aux manifestations devenues une véritable insurrection populaire, dans un silence international devenu habituel, le régime libyen massacre à présent sa propre population en usant de tous les moyens à sa disposition.
Les officiers exhortent le reste de l’armée libyenne à marcher sur Tripoli.

Des diplomates prennent le parti des manifestants
Les ambassadeurs de la Libye dans plusieurs pays ou institutions, dont les États-Unis et les Nations Unies, ont fait savoir qu’ils se rangeaient du côté des manifestants et ont demandé à Kadhafi de démissionner.
Ali Aujali, ambassadeur de la Libye aux Etats-Unis, est devenu le dernier diplomate à réclamer la démission du leader libyen, disant devant l’agence Associated Press lundi soir que Kadhafi devait démissionner et donner une chance Libyens « de construire leur avenir ».

Lundi soir également, A.H Elimam, ambassadeur de la Libye au Bangladesh, a démissionné pour protester contre l’assassinat de membres de sa famille par des soldats gouvernementaux.

Plus tôt lundi, les diplomates à la mission libyenne à l’Organisation des Nations Unies se sont mis du côté de la révolte contre le dictateur et ont demandé à l’armée libyenne d’aider à renverser « le tyran Mouammar Kadhafi ».
Dans un communiqué publié alors que les manifestations ont éclaté à travers toute la Libye, le responsable adjoint de la mission et d’autres membres du personnel ont déclaré qu’ils étaient au service du peuple libyen, et ont exigé « la suppression immédiate du régime en place », appelant les autres ambassades libyennes à leur emboîter le pas.
Kadhafi mène une bataille sanglante pour s’accrocher à son pouvoir vieux et moribond de 41 ans, alors que la révolte contre son régime a atteint la capitale, Tripoli.

Dans le communiqué publié à New York, il est fait état de centaines de tués dans les cinq premiers jours du soulèvement.
Un porte-parole de la mission aux Nations Unies, Dia al-Hotmani, a déclaré le communiqué avait été rédigé par le représentant permanent adjoint Ibrahim Dabbashi, et d’autres membres du personnel.

Abdurrahman Shalgham, ambassadeur de la Libye au Nations Unies, n’était pas présent à la conférence de presse, mais il a déclaré au journal Al-Hayat que tous les diplomates de mission ont appuyé la déclaration « à l’exclusion de moi-même ». Il a dit être en contact avec le gouvernement Kadhafi et tenter « de les persuader de mettre fin à leurs actes ».

Génocide
Dia al-Hotmani a expliqué que lors d’une réunion ce lundi dans les bureaux de la mission de New York, le images5.jpgpersonnel « a exprimé notre sentiment d’inquiétude sur le génocide en cours en Libye ».
« Nous ne voyons pas de réaction de la communauté internationale », a-t-il ajouté.

« Le tyran Mouammar Kadhafi a affirmé clairement, par l’intermédiaire de ses fils, à quel niveau d’ignorance ils étaient tous, et combien ils méprisent la Libye et le peuple libyen, » ajoute la déclaration rédigée en langue arabe.

Près de 300 personnes auraient été tuées dans les violences dans la capitale uniquement et les démonstrations entrent dans leur deuxième semaine.

Des témoins puis Tripoli ont déclaré à Al Jazeera mardi que des avions de combat avaient bombardé des quartiers de la ville lors de nouvelles attaques. Ils ont dit aussi que des « mercenaires » tiraient sur les civils dans la ville.

Des habitants du quartier Tajura, à l’est de Tripoli, ont déclaré que des cadavres gisent encore dans les rues.
Dia al-Hotmani a condamné l’utilisation par Kadhafi de « mercenaires africains » pour tenter de réprimer l’insurrection et a dit craindre « un massacre sans précédent à Tripoli. »

« Couper la tête du serpent ! »
Le communiqué appelle « les officiers et les soldats de l’armée libyenne, où qu’ils soient et quel que soit leur rang ... à s’organiser et à marcher sur Tripoli et à couper la tête du serpent."

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Les manifestants ont pris le contrôle de plusieurs villes - Photo : Reuters


Il est aussi fait appel à l’Organisation des Nations Unies pour imposer une zone d’exclusion aérienne sur les villes libyennes afin de prévenir que des mercenaires et des armes y soient expédiées.
Il a également exhorté les gardes d’installations pétrolières en Libye à protéger celles-ci de tout sabotage « par le tyran lâche », et a appelé les pays à empêcher Kadhafi de fuir et de se tenir à l’affût de tout mouvement d’argent.

Dabbashi et ses collègues ont appelé la Cour pénale internationale basée à La Haye à lancer une enquête immédiate sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité que Kadhafi, ses fils et ceux qui le soutiennent ont commis.

Ils ont appelé les employés des ambassades libyennes à travers le monde à « se tenir aux côtés de leur peuple », en particulier la mission des Nations Unies au siège européen de Genève, qui selon eux devrait déclencher une initiative du Conseil des droits de l’homme.
On ne sait pas pour l’instant si d’autres ambassades libyennes étaient susceptibles de répondre à l’appel, mais l’ambassadeur du pays en Inde, Ali al-Essawi, ait déclaré qu’il démissionnait pour protester contre la violente répression dans son pays.
Les ambassadeurs de la Libye auprès de l’Union européenne, de la Ligue arabe et de l’Indonésie ont également démissionné, tandis que les ambassades du Japon et la Malaisie ont été fermées hier mardi.
Al Jazeera

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La Révolution des peuples arabes, telle un Tsunami


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Par Monique Mas de RFI

Un vent de révolte souffle dans le Golfe et soulève une inquiétude grandissante dans les monarchies pétrolières, à commencer par l’Arabie saoudite. 

Déjà très impliquée à sa frontière sud, au Yémen où des troupes saoudiennes aident le régime du président Ali Abdallah Saleh à contenir une opposition composite, Ryad a désormais les yeux braqués à l’Est, sur le petit royaume insulaire du Bahreïn où des manifestants réclament la fin de la dynastie des al-Khalifa.

Malgré les promesses de dialogue du prince héritier de la dynastie sunnite des al-Khalifa, qui règne à Bahreïn sur une majorité chiite depuis le XVIIIe siècle, malgré aussi les tirs à balles réelles, qui ont fait plusieurs morts la semaine dernière parmi les manifestants, la contestation ne faiblit pas. Au contraire puisque le mardi 22 février un cortège de trois kilomètres a rempli la grand place de Manama, la place de la Perle où l’opposition réclame depuis le 14 février dernier des réformes politiques et sociales.

Le roi du Bahreïn à Ryad

Le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa al-Khalifa, se rendra dès vendredi en Arabie Saoudite pour parler avec le roi Abdallah du vent de révolte qui secoue son trône. Le monarque saoudien rentre dès ce mercredi 23 février à Ryad, après trois mois d'absence pour raisons de santé. La famille al-Khalifa compte sur le soutien sans faille de son voisin saoudien. Il est vrai que cette flambée contestataire se produit tout près de ses provinces pétrolières orientales, de l’autre côté du pont de 24 kilomètres qui relie la péninsule à Bahreïn.

Depuis le début, le grand frère saoudien cherche à calmer le jeu et à amener l’opposition et en particulier le grand parti chiite Wefaq à ouvrir des discussions avec le prince héritier Salman Ben Hamad al-Khalifa que son père à mandaté pour entamer des « réformes réelles ». Lundi, le roi avait même cédé à l'une des revendications des manifestants ordonnant la libération des prisonniers chiites. Mais finalement, comme dans de nombreux autres pays arabes en proie à la contestation, l’opposition légale est débordée par la jeunesse à l’origine du mouvement.

A l’instar de Manama, Ryad brandit aussi le spectre de l’ingérence étrangère dans le petit royaume peuplé de 70% de chiites. L’Arabie saoudite abrite une minorité chiite et n’a de cesse de soupçonner l’Iran de vouloir entrer dans la bergerie pétrolière. La querelle sur la nature arabe ou persique du Golfe n’est bien évidemment pas seulement sémantique. Mais de toute évidence, cette fois la grille de lecture sunnite-chiite ne suffit pas du tout à décrire la déchirure qui se fait jour à Bahreïn.

mardi 22 février 2011

La contestation s'amplifie au Moyen-orient


http://www.greenleft.org.au/sites/default/files/imagecache/article-image/huge_protest_in_yemen_feb_19.jpgAu Yémen, alors qu'un manifestant a été tué lundi, portant à quatorze le nombre total de morts dans le pays depuis le début de la contestation, la grogne a commencé a gagné le nord du pays.


Au Bahreïn, un opposant au régime est décédé lundi des suites de ses blessures.
 

Yémen : un manifestant tué lundi à Aden, la contestation gagne le nord

Un manifestant antigouvernemental a été tué par des tirs des forces de sécurité lundi à l'aube à Aden, dans le sud du pays, selon des sources médicales. Ce décès porte à douze le bilan des personnes tuées dans cette ville depuis le 13 février, et à 14 le total des morts dans tout le pays.

Dans la matinée, des milliers de personnes étaient de nouveau rassemblées devant l'Université de Sanaa, la capitale, dans un sit-in pour exiger la chute du régime yéménite. Les manifestants ont commencé à affluer dès la nuit sur cette place, qu'ils ont ont rebaptisée «place Tahrir» (place de la Liberté) en référence à la révolte égyptienne. «Le peuple veut la chute du régime», proclamaient les banderoles brandies par les manifestants. Ce sit-in intervient au lendemain de la décision de l'opposition parlementaire de se joindre au mouvement de contestation du régime, mené jusqu'à présent principalement par des étudiants.

Emirats Arabes Unis : Saccage au Consulat Libyen à Dubai

http://globalvoicesonline.org/wp-content/uploads/2011/02/libya1-375x281.jpg 
Une centaine de personnes ont pénétré de force aujourd'hui au consulat de Libye à Dubaï, arrachant et brisant les portraits du colonel Mouammar Kadhafi en appelant à la chute du régime.


"Il n'y a de Dieu que Dieu, Kadhafi est l'ennemi de Dieu", "le peuple veut la chute du régime", scandaient les manifestants, en majorité de nationalité libyenne, qui brandissaient une banderole proclamant "A bas Kadhafi" au consulat de Libye au centre de Dubaï.

Les manifestants ont accompli une prière à la mémoire des personnes tuées lors de la répression sanglante qui se poursuit en Libye. "Ce qui se produit en Libye est un véritable massacre", a affirmé l'un des manifestants.

lundi 21 février 2011

Libye : la boucherie sans nom



Le vent de la révolte souffle toujours sur la Libye. Les manifestations, qui ont pris de l’ampleur ce lundi, ont été durement réprimées par les autorités qui auraient usage d’hélicoptères et d’avions de combat. Au moins soixante-trois personnes auraient péri lors d’affrontements avec les forces de l’ordre à Tripoli. Pour protester contre les violences à l’égard des manifestants, les ministres de la Justice et de la Sécurité ont démissionné.
En dépit de la violente répression, les manifestants ne cèdent pas. Ils sont à nouveau descendus dans les rues ce lundi pour protester contre le régime du Colonel Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans. Pour mettre un terme à la révolte, les autorités libyennes auraient même envoyé l’aviation tirer sur la foule, selon la chaîne de télévision Al-Jezira. « Ce à quoi nous assistons aujourd’hui est inimaginable. Des avions et des hélicoptères de l’armée de l’air bombardent aveuglément un secteur après l’autre. Il y a de nombreux morts », a affirmé à Al-Jazira un habitant de Tripoli. Prié de dire si le bombardement se poursuivait, il a répondu : « Ça continue, ça continue. Ils prennent pour cible tout ce qui bouge ».

Selon des témoins contactés par l’AFP, à Tripoli, le siège d’une télévision et d’une radio publiques ont été saccagés par des manifestants. Des postes de police, des locaux des comités révolutionnaires, la "salle du peuple" accueillant des réunions officielles ainsi que le bâtiment abritant le ministère de l’Intérieur ont été incendiés. Et selon des informations recueillies par la Fédération internationale des ligues de droits de l’Homme (FIDH), le camp de Bab el-Azizia, où vit le dirigeant libyen, aurait été attaqué dans la nuit de dimanche à lundi.

Les communications téléphoniques ainsi que l’accès à internet étaient toujours très perturbés lundi.
Les ministres de la Justice, Moustafa Mohamed Aboud Al Djelei, et de la sécurité ont démissionné de leurs fonctions, dénonçant un « recours excessif à la violence à l’encontre des manifestants », selon le journal libyen Kourina. Plusieurs villes [1], dont Benghazi (Est), seraient tombées aux mains des manifestants en raison de défections dans l’armée. Selon la FIDH, « des militaires se sont ralliés » au soulèvement contre Mouammar Kadhafi, a expliqué la présidente de, Souhayr Belhassen, la présidente de l’organisation.

Le bilan s’est alourdi. Selon la chaîne d’information Al-Jazira, 63 personnes auraient péri ce lundi à Tripoli, la capitale libyenne, lors d’affrontements entres protestataires et forces de l’ordre. Depuis le début de la mobilisation, la répression aurait fait au moins 233 morts, dont 60 ce dimanche, selon l’organisation de la défense des droits de l’homme, Human Rights Watch. La FIDH parle, elle, de 300 à 400 morts.
Face à la crise, le régime est sorti de son silence ce dimanche, pour la première fois, par la voix de Seïf Al-Islam, l’un des fils de Mouammar Kadhafi. Dans une allocution télévisée, il a crié au complot étranger contre la Libye, affirmant que les bilans donnés par « les médias étrangers sont très exagérés ». Selon lui, le peuple doit choisir soit de construire une « nouvelle Libye, soit de plonger dans la « guerre civile ».
« Nous allons détruire les éléments de la sédition », a-t-il lancé, tout en promettant une constitution et de nouvelles lois libérales. « L’armée aura maintenant un rôle essentiel pour imposer la sécurité », a-t-il affirmé. « La Libye est à un carrefour. Soit nous nous entendons aujourd’hui sur des réformes, soit nous ne pleurerons pas 84 morts mais des milliers et il y aura des rivières de sang dans toute la Libye ».

Des violences condamnées par la communauté internationale
La communauté internationale n’est pas restée de marbre face à la situation. Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, qui s’est entretenu ce lundi selon son porte-parole avec le dirigeant libyen, a demandé l’arrêt des violences. Le président américain, Barack Obama, a exhorté le régime de Mouammar Kadhafi à ne pas faire usage de la force contre les manifestations. La France a aussi appelé ce lundi à la « cessation immédiate des violences ». « Face à la lourde répression de ces derniers jours », Elle a demandé également aux autorités libyennes de respecter « le droit de manifester pacifiquement et les libertés d’expression et de communication ».

Lors d’une réunion à Bruxelles ce lundi, l’Union européenne, a condamné « la répression contre les manifestants ». Elle a appelé le colonel Kadhafi à répondre aux aspirations « légitimes » de son peuple et à cesser de réprimer dans le sang les manifestations. De même, le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a déclaré que le « Canada condamne vigoureusement la répression en Libye, où le pouvoir a exercé une force meurtrière contre des manifestants innocents ».

Face à l’insécurité grandissante, le Portugal a d’ores et déjà envoyé ce lundi un avion militaire rapatrier ses ressortissants. Sans évoquer d’évacuation officielle, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Laurent Wauquiez a souligné ce lundi matin que Paris encourageait les 750 Français résidant en Libye à quitter le pays. Washington a aussi appelé son personnel diplomatique « non essentiel » à partir.

Quatrième producteur d’hydrocarbures en Afrique, avec près de 1,8 million de barils par jour, la Libye compte de nombreuses compagnies pétrolières occidentales sur son territoire. Le groupe pétrolier britannique BP, qui y emploie 140 personnes, a été le premier à annoncer le rapatriement de ses expatriés « d’ici un jour ou deux », selon un porte-parole. De même l’Italien ENI, premier producteur d’hydrocarbures dans le pays, a décidé d’évacuer son personnel « non essentiel » et leurs familles. Le groupe, qui réalise 14% de sa production totale dans le pays, assure que « pour le moment, aucun problème n’a été signalé au niveau des sites et des structures opérationnelles » et que « la production continue normalement sans effet sur les opérations ».


[1] Outre Benghazi, la FDH affirme que les localités de Tobrouk, à l’extrême est du pays, ainsi que celles de Misrata, Khoms, Tarhounah, Zeiten, Zaouia et Zouara, qui sont plus proches de la capitale, seraient également contrôlées par l’oppostion.