mardi 31 mai 2011

Légumes contaminés : que doit-on craindre ?

L'Allemagne s'interroge toujours, mardi 31 mai, sur l'origine d'une bactérie véhiculée par des légumes crus, qui a fait au moins six morts, peut-être quatorze, et infecté plus de mille personnes ces dernières semaines. Cette contamination sans précédent a provoqué des tensions entre l'Espagne, dont deux exploitations agricoles sont mises en cause, et l'Allemagne.


  • Quelle est l'ampleur de la vague de contamination ?
Le dernier bilan de l'Institut Robert Koch (RKI), agence fédérale allemande chargée du contrôle sanitaire, attribue formellement six morts à la bactérie Escherichia colientérohémorragique (ECEH) à la date du lundi 30 mai dans l'après-midi, mais des analyses sont en cours concernant huit autres décès. Selon l'Institut, 373 patients contaminés par l'ECEH ces dernières semaines en Allemagne ont développé des troubles rénaux sévères. En Suède, une femme de retour d'Allemagne a succombé à l'infection. Quelques dizaines de cas suspects ont également été signalés au Danemark, en France, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas, tous liés à des déplacements en outre-Rhin. Des chercheurs de l'université de Münster ont mis au point un test permettant d'identifier rapidement les personnes contaminées.
Cette contamination par l'ECEH "est une des plus importantes jamais observées dans le monde et la plus importante en Allemagne", a constaté le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Dans un rapport (PDF) publié vendredi, il relève que le foyer de contamination est limité à l'Allemagne, les malades hospitalisés à l'étranger étant soit des Allemands, soit des voyageurs venant d'Allemagne.
Les autorités allemandes craignent que le pic de contamination reste à venir, en raison d'un décalage entre l'incubation et la déclaration des cas. Dans le nord de l'Allemagne, principal foyer d'infection, plusieurs hôpitaux saturent. "Nous avons 61 adultes hospitalisés dont 21 en soins intensifs, et 18 enfants dont 4 en soins intensifs", a déclaré une porte-parole de la clinique universitaire d'Eppendorf, à Hambourg. L'établissement a lancé un appel urgent aux dons de sang. "Le nombre de cas nouveaux semble baisser doucement. Mais les cas d'infections les plus graves augmentent encore", explique la clinique.
  • Quelle est l'origine de la contamination ?
Dans une serre d'Almeria, dans le sud de l'Espagne, d'où proviendraient des concombres porteurs de la bactérie ECEH.
Dans une serre d'Almeria, dans le sud de l'Espagne, d'où proviendraient des concombres porteurs de la bactérie ECEH.REUTERS/FRANCISCO BONILLA
Mardi, les autorités allemandes étaient toujours à la recherche de la source de la contamination. Les premières études menées par l'Institut Robert Koch montrent un lien significatif entre l'apparition de la maladie et la consommation de tomates crues, de concombres et de laitues. Jeudi 26 mai, la bactérie ECEH a par ailleurs été identifiée sur deux échantillons de concombres venant  de fermes du sud de l'Espagne. Mais les autorités sanitaires restent prudentes car la contamination peut également être intervenue lors du transport ou du déchargement : des échantillons de concombres suspects ont été envoyés à un laboratoire de Galice, en Espagne, et les premiers résultats doivent être connus mercredi.
Les deux exploitations espagnoles concernées, situées à Malaga et Almeria, en Andalousie — dont une biologique —, exportent surtout vers l'Allemagne, pays à partir duquel il y a réexpédition vers l'Europe. Elles ne fournissent pas l'Espagne. La Commission européenne a par ailleurs indiqué qu'un lot en provenance soit des Pays-Bas, soit du Danemark, et commercialisé en Allemagne, était également en cours d'analyse.
Les concombres ne sont pas les seuls incriminés : selon Frédéric Vincent, porte-parole chargé de la consommation à la Commission européenne, "20 % des malades signalés en Europe n'ont pas mangé de concombre".
  • La France doit-elle s'inquiéter ?
"En France, l'Institut de veille sanitaire [InVS] a recensé six personnes infectées à la date de lundi, a indiqué Lisa King, épidémiologiste à l'InVS. Il s'agit de personnes souffrant de diarrhée sanglante, qui ont toutes un lien avec l'Allemagne : des résidents français partis en Allemagne en mai ou des résidents allemands qui ont présenté les symptômes en France." Les malades recensés dans l'Hexagone ne présentent pas de forme sévère de contamination. 
Le ministre du travail et de la santé, Xavier Bertrand, a en outre annoncé qu'un lot de concombres suspects d'origine espagnole avait été retirés du marché dans le Morbihan, mais aucune contamination n'a été constatée dans la région. "Il y a eu une livraison le 12 mai chez un grossiste de Bretagne, a précisé dimanche la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Celui-ci a déjà livré notamment dans le Finistère des produits vers la restauration collective où le concombre a déjà été mangé. Il a retiré de la vente le peu qu'il lui restait."
"Il ne faut pas s'affoler sur la situation en France, souligne Lisa King. Les informations sont très rassurantes et il n'y a pas d'éléments pour penser que l'épidémie touche la France."
  • Comment se manifeste cliniquement la contamination ?
Un patient contaminé par l'ECEH traité à l'hôpital universitaire Eppendorf, à Hambourg.
Un patient contaminé par l'ECEH traité à l'hôpital universitaire Eppendorf, à Hambourg.AFP/MARCUS BRANDT
"L'infection de base se manifeste par un tableau clinique de gastro-entérite aiguë [maux de ventre, vomissements, diarrhée qui peut être sanglante]", souligne Lisa King. Cette infection peut se traiter en cinq à sept jours. Mais dans certains cas, elle évolue vers une forme sévère, appelée syndrome hémolytique et urémique (SHU). Le SHU affecte le sang, les reins et, dans les cas graves, le système nerveux central. Il se manifeste notamment par une insuffisance rénale et une anémie, une dizaine de jours après la contamination.
"Ce qui est inhabituel dans le cas de cette épidémie, relève l'épidémiologiste de l'InVS, c'est qu'elle touche principalement des femmes adultes en bonne santé, alors que le SHU touche souvent des jeunes enfants et des personnes agées." En effet, selon les données du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, 67 % des personnes touchées par l'épidémie allemande sont des femmes adultes. Autre particularité : la souche bactérienne paraît particulièrement virulente. Habituellement, entre 5 et 10 % des personnes contaminées par une bactérie entérohémorragique développent un SHU. Or, dans le cas des contaminations récentes, près d'un quart de celles-ci dégénèrent en SHU.
En France, on recense une centaine de SHU chaque année, essentiellement chez les moins de 15 ans après consommation d'une viande pas assez cuite. Le taux de mortalité de ce syndrome est de 1 à 2 %.
  • Comment se transmet et se développe la bactérie ?
La bactérie ECEH incriminée dans les cas de contaminations récentes en Allemagne a été retrouvée sur deux lots de concombres provenant d'Espagne, mais les analyses sont en cours.
La bactérie ECEH incriminée dans les cas de contaminations récentes en Allemagne a été retrouvée sur deux lots de concombres provenant d'Espagne, mais les analyses sont en cours.AFP/JOHANNES EISELE
La bactérie incriminée est une souche bactérienne rare, la O104-H4, identifiée en Corée du Sud pour la première fois en 2005. En France, en 15 ans de surveillance du SHU, les experts de l'InVS n'ont jamais identifié cette souche bactérienne.
Elle appartient à la famille des bactéries Escherichia coli produisant des shigatoxines. "Leur habitat classique, c'est le tube digestif des ruminants [vaches, chevaux, chèvres]", explique le Dr François-Xavier Weill, chef de l'unité des bactéries entérohémorragiques à l'Institut Pasteur. Ces bactéries peuvent se transmettre dans la chaîne alimentaire via les matières fécales de ces ruminants qui se retrouvent dans le sol, le fumier, ou dans l'eau de puits ou de rivière. La contamination peut également avoir lieu lors de la traie ou de l'abattage des bovins.
Les chercheurs identifient donc trois sources principales de contamination pour l'homme : les produits laitiers au lait cru, les produits carnés peu cuits et les produits d'origine végétale crus. Les transmissions interhumaines sont également possibles, mais plus rares, et consistent essentiellement en une contamination de l'enfant à l'adulte, lors du changement d'une couche par exemple.
"Les shigatoxines détruisent les cellules au niveau des vaisseaux, détaille le Dr Weill, entraînant des problèmes de coagulation, d'hypertension artérielle, ou détruisant les cellules cérébrales dans les cas graves. Les shigatoxines se développent d'abord autour des tubes digestifs et se diffusent ensuite dans le sang via les globules blancs, jusqu'aux reins et parfois dans le cerveau." 
  • Quel traitement possible ?
Le traitement de base consiste en une réhydratation et un traitement par dialyse. La prise d'antibiotiques est déconseillée car elle favorise l'activation des shigatoxines. Mais la souche rare d'ECEH qui frappe l'Allemagne s'est révélée résistante au traitement par dialyse, amenant les médecins à prescrire un nouveau traitement : un médicament de la famille des anticorps monoclonaux censé lutter contre les modifications neurologiques et les dommages infligés aux reins. L'efficacité de ce traitement reste à prouver et seule la découverte de l'origine de la contamination permettra de juguler la diffusion de la bactérie, affirment les spécialistes.
"Cette forme de la bactérie ECEH est beaucoup plus grave que la grippe porcine, estime Reinhard Brunkhorst, président de la Société allemande de néphrologie et praticien à Hanovre (Allemagne) dans un entretien au quotidien Die Welt. Parmi les malades, il y a des femmes de 20 à 30 ans qui étaient en parfaite santé jusqu'ici."
  • Peut-on consommer des légumes crus sans risque ?
L'Allemagne a recommandé d'éviter la consommation de concombres, de tomates crues et de laitues.
L'Allemagne a recommandé d'éviter la consommation de concombres, de tomates crues et de laitues.REUTERS/PAWEL KOPCZYNSKI
Toutes les informations confirment que l'épidémie ne touche, pour l'instant, que l'Allemagne. Il n'y a donc pas de risque à consommer des légumes crus en France. Cependant, les recommandations d'hygiène de base s'imposent : bien laver les légumes, les éplucher si possible, cuire à cœur les viandes pour les enfants, respecter scrupuleusement les règles d'hygiène des mains...
Pour ceux résidants en Allemagne, les autorités recommandent d'éviter les tomates crues, les concombres et la laitue. Le seul moyen de tuer la bactérie est de cuire le légume pendant 10 minutes à 70°. Ces précautions ne s'appliquent pas pour l'instant aux autres pays européens.
Pour le Dr François-Xavier Weill, "il ne faut pas s'inquiéter outre mesure car les autorités allemandes ont ciblé épidémiologiquement les végétaux. On est sûrement face à un incident industriel : un producteur a dû mettre en contact sa production avec du fumier contaminé et a distribué dans une région allemande. Comme il y a une incubation de dix jours, il y a encore des personnes qui ont consommé les légumes contaminés avant les retraits et qui peuvent déclarer la maladie. Mais leur nombre devrait diminuer d'ici une quinzaine de jours."
  • Quelle est la réaction des pouvoirs publics ?
Les autorités allemandes ont déconseillé à la population de consommer des végétaux crus et certains produits ont été retirés des étals. "Tant que les experts ne sont pas capables d'identifier avec certitude l'origine de l'agent pathogène, l'alerte générale sur les primeurs reste valable", a fait valoir dimanche la ministre chargée de l'alimentation, de l'agriculture et de la protection des consommateurs allemande, Ilse Aigner.
L'agence autrichienne de sécurité sanitaire a ordonné le rappel des concombres, des tomates et des aubergines livrés par le producteur espagnol soupçonné d'être à l'origine du lot contaminé. La Belgique a interdit lundi les importations de concombres espagnols. La Russie a pris la même mesure envers les légumes espagnols et allemands et prévenu qu'elle pourrait étendre cette mesure à tous ceux venus d'Union européenne.
En France, pour l'instant, il n'y a aucune contre-indication à la consommation de légumes crus, a assuré le ministre de la santé. "Au début, les autorités allemandes étaient formelles [un lot de concombres espagnols était incriminé], a déclaré Xavier Bertrand mardi matin, sur France 2. Aujourd'hui, il y a des questions qui se posent de plus en plus, je veux savoir quelle est cette origineNous avons besoin d'une information d'une transparence totale de la part des autorités allemandes, mais aussi de la part des autorités espagnoles."
  • Quel est l'impact économique de cette crise ?
Un producteur allemand situé près de Hanovre, contraint de détruire ses salades, après les soupçons de contamination de végétaux crus à la bactérie ECEH.
Un producteur allemand situé près de Hanovre, contraint de détruire ses salades, après les soupçons de contamination de végétaux crus à la bactérie ECEH.AFP/JULIAN STRATENSCHULTE
Du côté des producteurs, les craintes vis-à-vis de l'impact de cette crise sanitaire sont grandes. Pointés du doigt, les producteurs espagnols sont particulièrement inquiets. "Presque toute l'Europe" a arrêté d'acheter des fruits et légumes espagnols, a affirmé mardi la Fédération espagnole des producteurs-exportateurs de fruits et légumes. La ministre de l'environnement et du milieu rural espagnole,Rosa Aguilar, avait auparavant souligné que l'accusation portée contre les concombres espagnols pourrait causer "des dommages irréparables pour le secteur", alors qu'aucun indice "ne prouve" que la contamination se soit produite en Espagne. Le pays envisage de réclamer des comptes à l'UE et à l'Allemagne "pour les dommages et préjudices provoqués".
Etant donné les recommandations sanitaires en vigueur en Allemagne, les producteurs de légumes allemands ont également fait état d'un manque à gagner de deux millions d'euros par jour. Et selon le regroupement des agriculteurs du nord de l'Allemagne, les ventes et la consommation de concombres, tomates et salades ont "chuté de 90 %".
Mathilde Gérard

samedi 28 mai 2011

URGENT : Virus Escherichia coli enterohémorragique (Eceh) : trois cas suspects en France

Neuf personnes seraient décédées en Allemagne après avoir été atteintes ces derniers jour par une forme particulière d'Escherichia coli enterohémorragique (Eceh) dont des concombres venus du sud Espagne seraient a priori porteurs.
Neuf personnes seraient décédées en Allemagne après avoir été atteintes ces derniers jour par une forme particulière d'Escherichia coli enterohémorragique (Eceh) dont des concombres venus du sud Espagne seraient a priori porteurs. | AFP/Jorge Guerrero

Trois cas suspects d'intoxication alimentaire, «en lien avec une épidémie en Allemagne» suite à une bactérie trouvée dans des concombres, sont «en cours d'investigation» en France, ont annoncé samedi après-midi les ministères de l'Economie, de la Santé et de l'Agriculture. 

Neuf personnes seraient décédées en Allemagne après avoir été atteintes ces derniers jour par une forme particulière d'Escherichia coli enterohémorragique (Eceh).

Des analyses sont en court pour déterminer de façon certaine que ces agents pathogènes sont bien responsables de leur mort. Huit cents personnes en seraient atteintes, outre-Rhin. On sait à présent que cette maladie contagieuse prend souvent une tournure sévère en entraînant des insuffisances rénales. Les concombres venus de deux exploitations d'Andalousie, au sud de l'Espagne, sont toujours considérés comme un des vecteurs de la propagation de la bactérie. Mais ils ne sont peut-être pas les seuls. 

En Allemagne, la chaîne de distribution passée à la loupe. Les autorités sanitaires allemandes mènent aussi des investigations sur la chaîne de distribution et notamment sur le transit des légumes. Madrid, qui regrette que des conclusions hâtives aient été tirées, table sur cette hypothèse qui dédouanerait ses producteurs. Les résultats des tests effectués à partir d'échantillons prélevés sur les sols incriminés ne seront connus que lundi. En attendant, les producteurs de ces cucurbitacées font grise mine. 

Des médecins inquiets et parfois sceptiques. Reinhard Brunkhorst, président de la Société allemande de néphrologie et praticien à Hanovre (Basse-Saxe), estime que «cette forme de la bactérie Eceh est beaucoup plus grave que la grippe porcine. «Il y a ici, les jeunes femmes âgées de 20 à 30 ans, qui étaient en parfaite santé» jusqu'ici. Parmi ses patientes, «beaucoup n'ont jamais mangé de concombres» Pour lui, il y a un autre vecteur. «C'est quelque chose d'absolument unique en Allemagne et probablement en Europe», poursuit-il interrogé par le site du quotidien «Die Welt».

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mercredi 25 mai 2011

Les 10 Africains les plus riches selon le magasine Forbes


Comme chaque année, le magazine américain Forbes a publié son classement des milliardaires (en dollars) dans le monde, parmi lesquels on compte 14 Africains.
Des hommes d'affaires qui, en un peu plus de dix ans, sont parvenus à s'introduire dans le cercle très fermé des grandes fortunes mondiales, et ce malgré l'appauvrissement croissant des populations du continent noir.
Au cours de cette décennie, un grand nombre de méga-entreprises ont vu le jour en Afrique. Mais une poignée d'Africains, issus de familles de haut rang, ont su s'imposer sur les marchés de l'immobilier, des mines de diamants, du pétrole ou des télécommunications, assurant leur avenir économique et, de fait, celui de l'Afrique.
Il faut noter le particularisme africain: l'absence de statistiques ou d'équivalent au classement du magazine Forbes. Il y a les fortunes certifiées, celles que l'on peut établir sur des comptabilités précises et transparentes. Et les autres, celles que l'on nomme les «richesses informelles». Des personnalités comme Abba Abacha au Nigeria et autres chefs d'Etat échappent à tous les radars et fuient toute visibilité.
Dans le top 20 des milliardaires, on compte huit Américains, deux Français, un Suédois, deux Indiens, un Espagnol, un Brésilien, un Canadien, un Mexicain, un Allemand, un Chinois, un Russe.
Les 1.210 personnalités présentes sur cette liste représentent 4.500 milliards de dollars (3.180 milliards d'euros), le record de cette année 2011.
Classement des 10 Africains les plus riches:
10. Yasseen et Youssef Mansour, Egypte
A 49 ans (Yasseen) et 65 ans (Youssef), les deux frères Mansour rentrent pour la première fois dans la liste de Forbes. Ils arrivent ex aequo à la 692e place avec une fortune estimée pour chacun à 1,8 milliard de dollars (1,27 milliards d'euros).
Connu sous le nom de «Baba Mansour», Youssef Mansour, le plus âgé des trois frères, est à la tête de Métro, la plus grande chaîne de supermarchés égyptiens, l'une des seules à perdurer depuis les émeutes. Il consacre une partie de son temps à lutter contre (...) Lire la suite sur Slate.fr

lundi 23 mai 2011

Défaite historique des socialistes en Espagne


Les socialistes au pouvoir en Espagne ont subi dimanche une lourde défaite aux élections municipales, en obtenant 27,98% des voix contre 36,25% aux conservateurs du Parti populaire (PP), selon des résultats partiels portant sur 53,09% des bulletins dépouillés.


Cet écart de plus de huit points vient sanctionner les socialistes, au pouvoir depuis 2004 en Espagne, à moins d'un an d'élections législatives, et à un moment où le pays est plongé dans la crise économique et en proie depuis quelques jours à une rébellion sociale inédite.

Au précédent scrutin municipal en 2007, le parti socialiste (PSOE), avait déjà perdu, mais de justesse, face au PP, avec 34,9% des voix, contre 35,6% pour le PP.



A Madrid, les manifestants qui ont pris possession de la place de la Puerta del Sol au début de la semaine pour protester contre les retombées de la crise économique, ont décidé de poursuivre cette occupation "jusqu'à dimanche prochain au moins".

Dans ce contexte troublé, toutes les communes d'Espagne ont élu leurs conseils municipaux et 13 des 17 régions autonomes leur Parlement.

Quatre grandes régions, la Catalogne, le Pays Basque, la Galice et l'Andalousie, représentant environ la moitié des électeurs espagnols, votent à d'autres dates. (belga)

Des lunettes pour poules pour les empêcher de se battre



Capture d'écran Metro
Un fermier chinois a eu l'idée de mettre des lunettes à ses poules pour qu'elles arrêtent de se battre.
Un fermier chinois qui n'en pouvait plus de voir ses poules se battre a mis au point des lunettes afin de stopper ces combats de volaille incessants.

Les lunettes en question sont faites en plastique et bloquent la vue directe des volatiles. Les poules ne voient donc pas ce qu'il y a en face d'elles et sont obligées d'utiliser leur vision périphérique pour se situer dans l'espace. Ce système les empêche de se battre entre elles.

Le fermier a eu cette idée de lunettes pour poules un matin, en mettant ses propres lunettes: "Mes poulets se battaient sans cesse entre eux. J'en perdais une dizaine par jour! J'ai été inspiré par mes propres lunettes et j'ai pensé que si je pouvais bloquer la vue des poules de façon à ce qu'elles ne puissent plus se voir directement en face, elles ne voudraient pas se battre.", a expliqué le fermier.

Et le stratagème a bien fonctionné: "Ca a vraiment bien marché. Elles ne peuvent plus s'attaquer de front et les confrontations ont beaucoup diminué", a affirmé fièrement le fermier. Cependant, l'homme n'a pas innové: les lunettes pour poule existent depuis un certain temps, mais sont plutôt méconnues du grand public.

Alors, les lunettes anti-baston, la nouvelle tendance dans la basse-cour? 



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mercredi 18 mai 2011

Espagne : rassemblement interdit à Madrid, où la mobilisation se poursuit



Des manifestants sont rassemblés à Barcelone à l'appel du mouvement "Démocratie maintenant", le 18 mai 2011
© AFP  Lluis Gene

Plus d'un millier de manifestants, criant leur colère contre la classe politique, le chômage et les retombées de la crise, se sont de nouveau rassemblés mercredi soir à la Puerta del Sol, en plein centre de Madrid, défiant une interdiction des autorités locales.
Aux cris de "nous avons le droit de nous indigner", les manifestants, répondant à des appels lancés sur les réseaux sociaux, ont envahi depuis le début le début de la semaine les rues des grandes villes d'Espagne dans l'espoir de faire entendre leur voix avant les élections locales de dimanche.
"Vous prenez l'argent, nous prenons la rue", proclamait l'une des banderoles dépliées à la Puerta del Sol, lieu de rassemblement emblématique au coeur de Madrid, où plus d'un millier de personnes manifestaient mercredi soir en dépit d'une interdiction des autorités.
"Si vous ne nous laissez pas rêver, nous ne vous laisserons pas dormir", assurait une autre banderole accrochée à l'entrée du métro.
La commission électorale a interdit ce rassemblement en estimant qu'il risquait "de perturber la campagne électorale et la liberté des citoyens dans leur droit de vote".
"Nous avons l'intention de rester ici jusqu'aux élections" de dimanche, a rétorqué Juan Rubio, un porte-parole de ce mouvement hétéroclite, rassemblant beaucoup de jeunes, mais aussi des citoyens de toutes origines, chômeurs, fonctionnaires ou retraités, qui réclamant "une vraie démocratie, maintenant".

Des manifestants sur la Puerta del Sol à Madrid, le 18 mai 2011
© AFP  Pierre-Philippe Marcou
"S'ils nous délogent, nous allons nous asseoir, tout se fera de façon pacifique, et s'ils nous délogent définitivement, nous reviendrons demain", a promis Juan Rubio.
Une quinzaine de voitures de la police anti-émeutes avaient pris position autour de la place.
Après une manifestation de plus d'un millier de personnes mardi soir, des centaines de jeunes étaient restés pendant la nuit à la Puerta del Sol, dont l'occupation s'est poursuivie mercredi.
"J'espère que cela servira à quelque chose. Ce qui me réjouit le plus c'est de voir des gens de la jeune génération, qui effacent l'idée selon laquelle la jeunesse espagnole ne sait que faire la fête", assurait Salvador Guerrero, stagiaire non rémunéré de 28 ans, qui vit avec sa grand-mère, sur une pension de 600 euros par mois pour tous les deux.
Des manifestations semblables ont été organisées dans toutes les grandes villes d'Espagne, et d'autres rassemblements interdits mercredi soir notamment à Séville et Grenade, dans le sud.
Les manifestants défendent des revendications très disparates, parfois confuses et dénoncent le système politique dominé par deux grands partis, socialiste et conservateur, la "corruption", et réclament plus de justice sociale.

Manifestation contre le chômage et la corruption à Madrid le 17 mai 2011
© AFP  Dominique Faget
Mais dans un pays peu habitué des manifestations de masse, tous expriment une immense lassitude face aux retombées de la crise et au chômage, qui a continué à grimper au premier trimestre pour atteindre un taux record de 21,19%.
En février, 44,6% des moins de 25 ans étaient sans emploi.
Le mouvement, spontané, a surpris les politiques en pleine campagne pour les élections, qui devraient selon tous les sondages se solder par une déroute des socialistes au pouvoir, lourdement sanctionnés pour leur politique d'austérité anti-crise, face à la droite conservatrice du Parti Populaire.
"Je comprends que ces choses arrivent", assurait mercredi le chef du PP, Mariano Rajoy, en qualifiant de "terrible" le nombre de jeunes "qui veulent travailler et ne peuvent pas".
Mal à l'aise, les socialistes ont peu réagi mais la ministre des Affaires étrangères Trinidad Jimenez assurait mercredi qu'il est "sain" pour la démocratie que les citoyens s'expriment dans la rue, et que les politiques doivent tenter de "répondre à ce malaise".

Centrale nucléaire de Fukushima : la situation plus grave qu'annoncée


catastrophe nucléaire de Fukushima, réacteur 3 Selon le quotidien japonais Asahi Shimbun, les toutes dernières données sur la situation à la centrale nucléaire de Fukushima révèlent un optimisme exagéré de Tepco (l'EDF japonais) sur sa capacité à stabiliser la situation d'ici six à neuf mois. [Réacteur N°3 - Photo Air Photo Service  Co] 
Tepco, l'exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima, a admis hier que la majeure partie du combustible nucléaire du réacteur N° 1 avait fondu. Ce qui reste de barres de combustible intactes n'est plus recouvert par l'eau. Le combustible fondu a coulé au fond de la cuve qui s'est percée, laissant échapper l'eau vers l'extérieur.
Tepco avait annoncé précédemment (source NHK) que sur les 10 000 tonnes d'eau injectées dans le réacteur depuis le 11 mars dernier, il n'en restait probablement pas la moitié dans le réacteur, s'interrogeant sur cette disparition. L'eau serait dans le sous-sol du réacteur, une zone impossible à inspecter pour le moment. Le Asahi Shimbun envisage même que du combustible fondu a pu s'échapper de l'enceinte de confinement.
Le plan de Tepco pour ce réacteur était de mettre en place un système de refroidissement en circuit fermé. Mais la fuite, considérée comme importante, ne permettra pas de le faire. En tout état de cause, le plan de Tepco qui visait à stabiliser la situation à la centrale de Fukushima d'ici 6 à 9 mois, ne sera probablement pas tenable.

Risque de nouvelle explosion, selon Greenpeace

Greenpeace a urgemment invité Tepco a ne pas noyer le réacteur sous l'eau, indiquant qu'une explosion serait possible du fait du contact de l'eau froide avec du combustible fondu à une température élevée. Dans le pire scénario, l'enceinte du réacteur, endommagée par l'explosion, pourrait laisser échapper dans l'atmosphère une pollution radioactive pendant des jours, voire des semaines (Source The Guardian).  Tepco a nié la possibilité d'une explosion mais a indiqué que son idée de noyer le réacteur devait être révisée.
Selon la télévision japonaise NHK, du fait des arrêts définitifs de 14 réacteurs considérés comme trop risqués, et d'arrêts temporaires de 19 autres réacteurs pour inspections, seul un tiers des 53 réacteurs du pays devrait être en mesure de fonctionner à la fin du mois.

Des dizaines de milliards d'euros

Le quotidien Asahi Shimbun écrit que le réacteur N°1 n'est probablement pas le seul dont la cuve a pu se fissurer. Tepco à fait savoir que les mesures des niveaux d'eau dans les réacteurs N°2 et N°3 ne sont plus considérées comme fiables. La décision de Tepco, ce 14 mai 2011, d'augmenter le débit d'eau injecté dans le réacteur 3 tendrait à confirmer ces craintes. De même la décision d'injecter de l'eau dans la piscine du réacteur 2 (le moins endommagée) avec de l'hydrazine, un composé très toxique, probablement destiné à éviter la corrosion.
Selon le quotidien anglais The Guardian, l'ensemble des dommages coûtera des dizaines de milliards d'euros, dont il est probable qu'une bonne partie sera payée par le contribuable, plus exactement par le public (voir les commentaires ci-dessous).

lundi 16 mai 2011

Le départ du patron du FMI bouleverserait les négociations économiques mondiales



LEMONDE | 16.05.11 | 14h19  •  Mis à jour le 16.05.11 | 15h59


Quoi qu'il se soit passé dans une chambre de l'hôtel Sofitel à New York, les chances de Dominique Strauss-Kahn de sortir indemne de l'accusation de tentative de viol sont faibles au sein du Fonds monétaire international (FMI). Les connaisseurs de l'institution jugent "consternants" ou "sidérants" les faits débouchant sur un vrai champ de ruines, à la mesure de la place éminente que le directeur général du Fonds avait acquise au plan mondial.


Jusqu'à présent, le conseil d'administration et le comité d'éthique du FMI avaient fait preuve d'indulgence à son égard. Le précédent directeur, Rodrigo Rato, avait été sermonné pour avoir participé à un meeting du Parti populaire (droite) espagnol, en violation de la règle qui interdit au directeur de faire de la politique. Or, ni la présence de M. Strauss-Kahn à une réunion socialiste à la Mutualité en 2009, ni ses propos ambigus sur sa candidature éventuelle à la présidentielle française n'ont été l'objet de réprimandes.

Il est vraisemblable que le conseil du FMI, réuni de façon informelle dimanche 15mai et officiellement lundi, décide de vérifier de près que son directeur a respecté les prescriptions de l'institution qui l'obligent à "suivre les normes les plus élevées de comportement éthique, conforme aux valeurs d'intégrité, d'impartialité et de discrétion". D'autant qu'il lui avait déjà fait grief de son "erreur de jugement" pour sa liaison avec une subordonnée, en 2008. Si le conseil se persuade que sa perte de crédibilité ne lui permet plus de "faire le job", il lui demandera de partir à bref délai, prédit un ancien de l'institution.
L'absence de M.Strauss-Kahn se fera lourdement sentir à la réunion de l'Eurogroupe, lundi 16mai à Bruxelles. La directrice générale adjointe, Nemat Shafik, qui l'y remplace est une spécialiste du développement, mais pas des questions financières et monétaires.
Retenu par la police, le directeur n'a pu, dimanche, défendre – en allemand – auprès d'Angela Merkel une position qui lui est chère. Selon lui, il faut donner à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal le temps de se redresser et, pour cela, leur fournir l'argent nécessaire afin de les dispenser de recourir aux marchés pour financer leur dette.
OPPOSANT AUX RIGORISTES DE L'UE
Depuis le début de la crise grecque fin 2009, il s'opposait aux rigoristes – qu'il qualifiait de "fous furieux" – de l'Union européenne conduits par l'Allemagne et la Banque centrale européenne (BCE). Il voulait qu'un nouveau secours soit accordé à la Grèce, afin de repousser à fin 2012, voire plus tard, son retour sur les marchés.
Avec Jean-Claude Trichet, le patron de la BCE (sur le départ), et en l'absence d'un pouvoir européen crédible, il s'est imposé comme l'une des clés de voûte de l'euro et de l'Europe, un "vrai joker" pour débloquer les négociations, selon un diplomate européen.
Il est le seul à pouvoir convaincre les pays émergents, membres du FMI et mécontents des milliards promis aux Européens croulant sous les dettes, que cette aide doit être accordée en raison de la dangerosité d'un effondrement européen pour le reste du monde.
Dans quelques jours, on peut donc craindre de nouvelles attaques spéculatives contre les pays en difficulté et dont la chute de l'euro en Asie, lundi, est un signe avant-coureur, si les opérateurs de marché jugent l'Europe et le FMI incapables de s'entendre pour mobiliser les 60milliards d'euros supplémentaires réclamés par la Grèce. La situation risque de devenir vite incontrôlable.
La neutralisation du patron du FMI compliquerait les travaux du G20 sous présidence française. En effet, il a su faire de son institution un intermédiaire obligé au niveau technique, puisque ses services en pilotent la plupart des dossiers : réforme du système monétaire international ou élaboration des instruments permettant de mesurer la dangerosité des déséquilibres macroéconomiques, l'excès d'épargne ou d'endettement, le risque des balances commerciales, les anomalies de taux de change ou les flux excessifs de capitaux.
ACCOUCHEUR DE CONSENSUS MONDIAL
Au plan politique, aucun autre dirigeant du Fonds n'est en état de persuader les chefs d'Etat et de gouvernement d'écouter les plaintes de leurs pairs à l'encontre des politiques qu'ils mettent en place sans précautions. John Lipsky, son premier adjoint qui le remplace aujourd'hui, est un homme effacé qui ne demandera pas le renouvellement de son mandat, le 31 août. Américain, John Lipsky est considéré avec méfiance par les pays émergents.
La foi de Dominique Strauss-Kahn dans le multilatéralisme et ses talents de négociateur en ont fait l'accoucheur de consensus mondial. Personne ne pourra le remplacer le 27 mai au G8 de Deauville. Personne d'autre ne pourra faire en juin la navette entre l'Asie, l'Amérique et l'Europe pour rapprocher les points de vue sur le pilotage de l'économie destiné à assurer à la planète une croissance "forte, équilibrée et durable". Lui absent, les forces centrifuges risquent de se renforcer, d'autant que le FMI assure de facto le secrétariat du G20.
Au Fonds même, les événements de New York ressemblent à un séisme. Dominique Strauss-Kahn avait hérité d'un FMI déficitaire et discrédité pour son dogmatisme et ses politiques insouciantes de leurs conséquences sociales. Le 30 avril, il a clos un budget en bénéfice de 1,261 milliard de dollars et certaines ONG de Washington reconnaissent avoir du mal à critiquer contre un directeur souvent plus à gauche qu'elles dans sa dénonciation des inégalités et des turpitudes des banques. Le FMI ne se vit plus en "père Fouettard", mais en médecin des pays en banqueroute.
Le successeur de Dominique Strauss-Kahn conservera-t-il cette orientation chère aux pays défavorisés ? Sa désignation ne risque-t-elle pas de déboucher sur des déchirements entre pays industrialisés (qui contrôlaient le FMI) et pays en développement (qui s'estiment aussi capables de le diriger) mettant en péril le fragile consensus mondial, principal acquis de la crise? "Un vrai désastre !", résume un diplomate européen.
Alain Faujas
Dominique Strass-Kahn, dans la salle d'audience du tribunal pénal de Manhattan, à New York, lundi 16 mai 2011.

Stupeur : La justice ordonne l'incarcération de DSK

La justice américaine a refusé la demande de libération sous caution proposée par les avocats de Dominique Strauss-Kahn, évoquant un risque de fuite du patron du FMI.